Apollinaire Guillaume

Publié le par Eric Balay

ALCOOLS

écrit par Guillaume Apollinaire entre 1898 et 1913

BIOGRAPHIE :

GUILLAUME APOLLINAIRE (Rome 1880 - Paris 1919), mort à 39 ans, de son vrai nom Wilhem Apollinaris Kostrowitzky, poète écrivain français dont la mère était polonaise et qui fit ses études en France. Il se trouva très tôt mêlé au milieu littéraire et artistique. Il écrivit des romans (Le poète assassiné, 1916), des nouvelles, des essais (Les peintres cubistes en 1913), mais c'est dans la poésie qu'il s'affirma avec Alcools en 1913 et Calligrammes en 1918, recueils qui comptent parmi les œuvres capitales de la poésie moderne. En 1917, Apollinaire fit représenter Les mamelles de Tirésias, avec musique de P.A. Birot. Grièvement blessé à la tête pendant la Première Guerre mondiale, trépané, affaibli, il succomba à la grippe espagnole l'avant-veille de l'armistice. Esprit curieux, érudit, mais ne dédaignant pas la mystification, Apollinaire qui maintient, par sa sensibilité délicate,une part de l'héritage romantique, tente aussi d'appronfondir l'univers poétique en traduisant, par une poésie plus directe, toutes les nuances de ses impressions et en liant, dans ses Calligrammes, le texte poétique à l'image visuelle de l'objet qu'il décrit.


PROLOGUE :

Le secrétaire d'Apollinaire avait, par bravade, dérobé des statuettes phéniciennes au Louvre. Il en donna une à Picasso et une à Apollinaire... Incarcéré pendant une semaine à la Santé, le poète bénéficia d'un non-lieu.


On a associé Apollinaire, Max Jacob et Cocteau, au sein d'une école qualifiée de "cubisme littéraire" où la syntaxe est fragmentée. Pourtant, il est plus courant de voir en Guillaume Apollinaire un précurseur des surréalistes.


RESUME DE L'ŒUVRE :

Alcools est un recueil de poèmes écrits entre 1898 et 1913. En 1898, Guillaume Apollinaire – de son vrai nom Wilhem Apollinaris Kostrowitzky - a dix-huit ans et cherche encore sa voie, en 1913, il en a trente-trois et est l'un des représentants de l'avant-garde. L'ensemble de ce livre contient tous les développements futurs de son œuvre.


La moitié du recueil est né du séjour qu'il fit en Allemagne en tant que précepteur. La section intitulée Rhénanes restitue les impressions du jeune voyageur, alors épris de la gouvernante de son jeune élève. Son amour, déçu, le conduit à fuir à Paris où il écrit La chanson du mal-aimé. Il y rencontre Alfred Jarry, Max Jacob, Vlaminck, et fréquente le Bateau-Lavoir, atelier de Picasso. Il participe à cette esthétique nouvelle faite d'ironie, de féerie, exaltant le modernisme : Apollinaire écrit ainsi Lui de Faltenin. En 1907, il rencontre Marie Laurencin dont il tombe amoureux. Il écrit alors Le Brasier et les Fiançailles. Dès 1911 s'opère un retour à la prosodie traditionnelle : c'est sa période dassique. Son emprisonnement dans l'affaire des statuettes se traduit par A la Santé. Mais c'est sa rupture avec Marie Laurencin qui le marquera le plus et lui inspirera Le Pont Mirabeau, Marie et Zone qui, placé en tête de ce recueil, est en même temps un adieu à l'amour et au monde ancien.



COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

Le livre fit la gloire de l'auteur, notamment par le scandale que provoqua la suppression de toute ponctuation. Pour le poète, "le rythme même et la coupe des vers voilà la véritable ponctuation et il n'est rien besoin d'une autre".


Ce recueil contient tous les styles et toutes les modes littéraires d'Apollinaire. Les Rhénanes font preuve d'un romantisme discret et rattache l'auteur à la tradition poétique française de Villon à Verlaine. Le reste du recueil privilégie imagination, irrationnel et jeux d'écritures. Dans Zone enfin transparaît l'influence cubiste et futuriste.

EXTRAITS DE L'OEUVRE :

Dans Nuit Rhénane ressurgissent les vieilles légendes d'outre-Rhin

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été.

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire.

La mélancolie des amours ratées du poète s'exprime dans des textes à la forme

plus classique

Sous le Pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il me souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Le Larron est un exemple de poème où le rythme se passe de toute

ponctuation


Maraudeur étranger malheureux malhabile

Voleur voleur que ne demandais-tu ces fruits

Mais puisque tu as faim que tu es en exil

Il pleure il est barbare et bon pardonnez lui.

Publié dans litterature.rebelle

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