Balzac Honoré de

Publié le par Eric Balay

BEATRIX
écrit par Honoré de Balzac en 1839

 

BIOGRAPHIE :
L'auteur (Tours 1799- Paris 1850 ) mort à 51 ans,passe son enfance hors du milieu familial et est marqué par ses années d'études au collège de Vendôme entre 1807 et 1813. A l'automne 1814, le jeune Honoré s'installe avec sa famille dans le quartier du Marais. Après quelques essais dans le droit et dans le notariat, il proclame en 1819 sa vocation littéraire et fait paraître sous différents pseudonymes quelques romans noirs. Déçu, il cherche le succès, à partir de 1826, dans les affaires, se lance dans l'édition, puis dans l'imprimerie et même dans la fonderie, expérience malheureuse qui se solde, en 1828, par 50 000 frs. de dettes. Cet échec et l'amour d'une femme (Laure de Berny) détermine son retour définitif à la littérature. En 1829 parait le premier roman intitulé "Les Chouans". Il mène alors le train d'un dandy. En 1832 débute un long "drame d'amour" avec "l'Etrangère", la comtesse polonaise Eveline Hanska. C'est la période où Balzac encadre ses œuvres passées et futures dans un triptyque, pour faire l'histoire de la société : les Etudes de mœurs, où il reprend les Scènes de la vie de province (notamment, en 1833, "Eugénie Grandet" ) et Scènes de la vie parisienne (entre autres le Père Goriot , 1834-1835); les Etudes philosophiques, qui inaugurées par la "Peau de chagrin "en 1831, se continuent par Louis Lambert en 1832, Seraphita en 1833 et La Recherche de l'absolu en 1834 ; enfin, les Etudes analytiques, dont la première, La physiologie du mariage , avait été publiée en 1830. En 1834, Balzac commence à appliquer le retour systématique des personnages.


A partir de 1835, d'autres chefs-d'œuvre paraissent (Le Lys dans la vallée, 1835; Illusions perdues, 1837-1843). C'est en 1841 que, préparant une édition de ses Œuvres complètes, il imagine de grouper l'ensemble sous le titre de la Comédie humaine et conçoit un vaste plan destiné à compléter les œuvres déjà parues par d'autres romans, afin de donner une images complètes de la société contemporaine. En 1842, Monsieur Hanski meurt. Désormais, l'espoir d'épouser l'Etrangère domine sa vie : en 1842, il va voir Mme Hanska à Saint-Pétersbourg; en 1845, il l accompagne à travers toute l'Europe occidentale. Son activité littéraire se ralentit. Après la Rabouilleuse en 1842 et Splendeurs et misères des courtisanes entre 1839 et 1847 paraissent les Parents pauvres (La Cousine Bette, 1846; le Cousin Pons, 1847). En 1850, à Berditchev, il épouse enfin Eveline Hanska. Le retour à Paris s'effectue en mai, mais Balzac, gravement malade, meurt le 18 août. Un plan de 1845 prévoyait 137 romans : 85 furent achevés, 50 restèrent à l'état d'ébauches et 6 furent inventés postérieurement.

 

AVANT-PROPOS :
Ce roman qui fait partie des Scènes de la vie privée peut être considéré comme celui des illusions perdues : celle de Camille Maupin, qui se réfugie au couvent; de Charlotte, qui reste sans mari; de Sabine de Grandieu, délaissée sitôt mariée; de Béatrix, éternelle insatisfaite; et surtout de Calyste, aux passions stériles.

 

RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :
Dans la petite ville de Guérande, Calyste du Guénic mène avec ses parents une existence faite de respect pour la religion, pour la tradition et pour le roi. Destiné à se marier avec Charlotte de Kergarouet, le beau Calyste s'échappe dès qu'il le peut de cet univers figé pour rejoindre celle qu'il aime, Félicité de Touches, femme de lettres connue à Paris sous le nom de Camille Maupin, qui représente la vie parisienne et mondaine.
Entre ces deux mondes, l'ancien et le nouveau, Calyste choisit de Félicité, auprès de laquelle, un jour, il fait la connaissance de Béatrix, qui vit avec le musicien Conti. Or, celui-ci avait délaissé Camille. Celle-ci pousse donc Béatrix dans les bras de Calyste, mais la jeune femme refuse ce nouvel amour. Calyste accepte alors d'épouser Sabine de Grandieu, obéissant à Félicité qui, bien qu'amoureuse de lui, s'estime trop vieille pour le rendre heureux et qui entre au couvent, son devoir accompli. Pourtant, le jeune couple s'installant à Paris, Calyste retrouve Béatrix, qui devient sa maîtresse. Ce n'est qu'à l'issue d'une intrigue fomentée par la duchesse de Grandlieu qu'il reviendra auprès de sa femme, ayant découvert à quel point l'amour de la belle Béatrix était intéressé,

 

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Balzac rencontre George Sand à Nohant en 1838. Ces quelques jours à parler de l'amour et les récits de Sand sont à l'origine de ce roman. Car Félicité des Touches fumant la cigarette n'est autre que George Sand, et le couple Conti-Béatrix est inspiré de la liaison de Liszt et de Marie d'Agoult. Pourtant ce livre est beaucoup plus que cela, car il porte en lui un souffle puissant, celui des passions de Calyste. Balzac décrit à merveille ces deux mondes, l'immobile et le fugace, Guérande et Paris. En fin de compte, est-ce le roman de Calyste, celui de Félicité, admirable figure balzacienne, celui de Béatrix, ou encore celui des intrigues du faubourg Saint-Germain ?

 

 


LE COUSIN PONS
écrit par Honoré de Balzac en 1847

 

AVANT-PROPOS :
Dernière œuvre de la "Comédie humaine" parue du vivant de l'auteur. Souffrant d'une insuffisance cardiaque grave, l'auteur venait de rédiger son testament, un peu comme Pons léguait son bien à son ami Schmucke.

RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :
Pons, compositeur ayant eu son heure de gloire, n'est plus qu'un obscur chef d'orchestre. Mais il compense ses ,. frustrations et les humiliations que lui font subir ses cousins fortunés par la gourmandise (comme le baron Hulot, dans La Cousine Bette, s'adonne à la débauche) et par la possession d'une collection d'œuvres d'objet d'art patiemment rassemblée. Connaisseur et amateur éclairé, il est dominé par une véritable passion, une obsession, un opium qu'il l'aide à supporter la vie. Alors que sa santé décline, ses cousins apprennent l'existence de sa collection qui vaut une veritable fortune. Les convoitisent s'éveillent et, subitement, Pons voit s'intéresser à «lui toutes sortes de gens, tous plus avides et immondes les uns que les autres. Naïf et sans défense, il n'est pourtant pas dupe : il lègue son bien à son ami, le musicien allemand Schmucke. Mais, celui-ci, après la mort de Pons, se laisse berner : contre une modeste rente viagière, il se laisse dépouiller de ses droits, et doit retourner travailler au théâtre, où il était musicien, mais, cette fois, comme simple accessoiriste.

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
On ne peut pas lire Le Cousin Pons sans penser à Balzac, malade et harcelé par les dettes, alors qu'il écrit ce roman. Possédé par sa passion, l'artiste, musicien dans le roman ou écrivain dans la réalité, ne peut rivaliser avec les affairistes, parasites et autres intrigants qui gravitent autour de lui, avides de profiter des moindres miettes de succès. Balzac, comme Chabert, Gloriot, Birotteau, comme le baron Hulot de et Pons, se retrouva seul à rapproche de la mort, mal à l'aise dans un monde où il n'avait plus sa place.



 

LES CHOUANS
écrit par Honoré de Balzac en 1829

AVANT-PROPOS :
Balzac s'est inspiré d'une histoire vraie pour écrire ce roman. Il s'installa plusieurs semaines en Bretagne afin de recueillir les éléments nécessaires à l'exactitude des descriptions.

RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE
En 1799, la Bretagne monarchique est en rébellion contre le gouvernement révolutionnaire de la capitale. Le marquis de Montauran sous l'identité du Gars, dirige un groupe de Chouans, qui mène une guérilla acharnée contre les Bleus, c'est-à-dire les soldats de la République. Il tombe amoureux de Melle de Verneuil qui ignore la vraie identité du jeune homme. Or elle-même est un agent de Fouché, chargée par lui de livrer Montauran à la police. Melle de Verneuil sacrifie sa mission d'amour pour le chef chouan. Mais Corentin, un autre agent à la solde de Fouché les dénonce aux soldats jacobins. Quelques heures seulement après leur mariage, célébré en secret, Montauran et sa jeune épouse sont arrêtés et tués par les républicains.

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Publié en 1829, Les Chouans est le premier grand roman de Balzac. Il constitue le début du cycle de la condition humaine, ayant été inséré dans les ? . L'auteur écrit ici un roman historique inspiré de ceux que Walter Scott ou Fénimore Cooper produisirent quelques années auparavant. Balzac a fait preuve de documentaliste pour l'occasion.
Tout l'art de l'auteur est de montrer que les nobles causes des héros sont facilement perverties : le républicain vertueux Hulot accepte les fourberies de Corentin. De même, le marquis de Montauran se commet avec des pillards.

 

 

 

LA COUSINE BETTE
écrit par Honoré de Balzac en 1847

AVANT-PROPOS :
Dernière œuvre de la "Comédie humaine" parue du vivant de l'auteur. Jamais l'auteur n'aura été plus précis, plus incisif, plus réaliste dans son étude de mœurs.

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
La famille Hulot comprend deux enfants : Victorin, avocat, marié à Célestine Crevel et Hortense. Celle-ci accueille aussi souvent que possible Lisbeth Fischer, vieille fille de 43 ans, cousine germaine d'Adeline, la baronne Hulot. Lisbeth, la "Cousine Bette", est jalouse de sa cousine. Adeline est belle et riche. Bette qui est laide et pauvre, vit dans une mansarde et va s'appliquer à provoquer la déchéance de ceux qui l'entourent-. Lisbeth a un amoureux, un comte polonais, Wenceslas, sculpteur qu'elle a sauvé du suicide, qu'elle héberge et à qui elle offre des stages chez les grands orfèvres. Hortense est fascinée par cet épisode secret et s'éprend de l'artiste. Grâce à son père, le Baron Hulot, ministre de la Guerre, elle obtient des commandes pour son amant qu'elle décide d'épouser, suscitant la jalousie de Lisbeth. Un jour que la baronne raccompagne la cousine, il croise Valérie Marneffe, épouse d'un fonctionnaire, pour lequel il promet de la promotion si elle se donne à lui. Il lui offre rente, hôtel, mobilier et voiture. Valérie se montre cupide. Elle se lie avec Hulot autant qu'avec Crevel, beau-père de Crevel. Elle aime aussi un comte brésilien et est amoureuse de Wenceslas.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Hulot ruine les siens. Il prend 200 000 francs dans la caisse de l'Etat, ruinant et poussant au suicide le propre frère d'Adeline. Valérie a envoyé une lettre à chacun de ses amants pour leur annoncer qu'elle est enceinte. Hortense quitte Wenceslas. M. Marneuff meurt. Crevel épouse la veuve. Hulot, deshonoré par ses dettes, fuit dans Paris. Il vit comme un écrivain public, sous un pseudonyme, dans un quartier pauvre, avec une jeune fille, Attala. Le Brésilien tue Valérie et Crevel. Wenceslas retrouve Hortense. Adeline s'attache à bien marier de pauvres gens. C'est ainsi que, soucieuse du cas d'Attala, elle retrouve son mari qu'elle ramène chez eux. La vie redevient paisible jusqu'au moment où la baronne meurt d'avoir surpris son mari couchant avec la nouvelle cuisinière qu'il épousera ensuite. Bette meurt d'une phtisie emportant avec elle le secret de ses machinations perverses.



 

LA COMEDIE HUMAINE
écrit par Honoré de Balzac entre 1830 et 1841

AVANT-PROPOS :
Des études ont été faites pour compter le nombre de personnages présents dans La Comédie Humaine : on en a dénombré environ quatre mille à l'ensemble de ses 95 romans.

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
L'idée d'organiser l'ensemble de sa production en un tout cohérent se forme progressivement chez Balzac. Le premier groupement (Scènes de la vie privée ) apparaît dès 1830, quatre ans plus tard, il a déjà élargi le champ des explorations auxquelles il entend procéder puisqu'il a fixé les trois grandes parties qui composeront son œuvre; enfin, en 1841, apparaît le titre général de Comédie humaine. Dans les Etudes de mœurs, qui sont comme la base sur laquelle reposera son immense projet, l'écrivain se donne pour tâche de peindre ce qui est, c'est- à-dire de montrer les hommes dans toutes leurs diversités. C'est la partie la plus réussie de toute l'œuvre, celle qui n'appelle aucune reserve, illustrent les "causes" qui déterminent tout ce que Balzac a étudié dans la partie précédente.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Le but de la manoeuvre est de montrer en quoi cette œuvre est plus cohérente que la diversité des romans qui la composent ne le laisse supposer. Ainsi, au fil de l'oeuvre, on retrouve les mêmes personnages. A travers Rastignac, l'arriviste, Gobseck, l'usurier, Goriot, le père héroïque..., Balzac excelle à décrire la vie et à "faire concurrent à l'état civil". Mais plus que cela, il recréé un monde qui devient vite familier, la société du XIXème siècle. Chez lui, le roman historique devient pour la première fois roman de mœurs.

 

 

 


EUGÉNIE GRANDET
écrit par Honoré de Balzac en 1833


AVANT-PROPOS :
Certaines pages du roman - le portrait de l'avare et la mort du vieillard - comptent parmi les morceaux d'anthologie.

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Le père Grandet, détenteur d'une des plus grosses fortunes de Saumur, terrorise sa famille et en particulier sa fille Eugénie, par son avarice et son art consommé de la tyrannie.

Eugénie, personne à l'âme noble et au physique agréable, est l'objet des intrigues de deux familles rivales, les Cruchot et les Des Grassins, qui voient en elle une riche héritière. Mais celle-ci s'éprend de son cousin Charles Grandet, jeune Parisien élevé dans une oisiveté luxueuse, et que la mort de son père oblige à aller tenter fortune aux Indes. Avant son départ, le jeune homme se voit offrir le modeste présent d'anniversaire qu'Eugénie reçu de son père. Le vieillard, mis au fait d'un tel geste, condamne la coupable à une vraie réclusion. Les années passent, le Père Grandet meurt, léguant à sa fille toute fortune; Charles est de retour, lui aussi enrichi, mais par un mariage d'intérêt. Eugénie, en désespoir de cause, épouse un de ses anciens prétendants, qui bientôt la laisse veuve. A 36 ans, elle mène, solitaire, une vie édifiante, consacrant sa fortune à des œuvres de charité.

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Tout Balzac est là, concentré en un roman dont certains ont pu dire qu'il était le chef-d'œuvre de l'auteur. L'action tout d'abord, qui, comme bien souvent, obéit à une organisation théâtrale : exposition lente et descriptive, crise brutale, déchaînement des passions et des intrigues, dénouement et retour à un ordre apparent. Les règles balzaciennes : produits d'une réduction quasi scientifique et physiologiste, les êtres sont en interaction avec le milieu social qui les façonne. Le romancier intègre les acteurs dans une vision dynamique de la société, régie par l'argent et par l'entrechoc constant des luttes internes qui entraînent les hommes vers leur réussite ou leur échec : autrement dit, de l'individu à la "Comédie humaine".

 

 


LES ILLUSIONS PERDUES
écrit par Honoré de Balzac de 1835 à 1843

AVANT-PROPOS :
La Restauration voit apparaître comme valeur principale l'argent, nécessaire mais corrupteur, et le journalisme, néfaste à la qualité de la littérature. Balzac montre l'influence du théâtre dans son œuvre. En effet, Paris est montré comme une vaste scène où règne l'illusion par laquelle chacun des acteurs de sa comédie cherche à tromper.

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE:
Angoulème, 1821, Lucien Chardon rêve de gloire. David Séchard, de fabriquer du papier à bas prix. La reine de la mesquine aristocratie locale, Mme Bargenton, s'éprend de Lucien pour ses qualités de poète et sa beauté. Elle l'entraine à Paris où elle espère se voir accueillir par le faubourg Saint-Germain. Délaissé, il travaille alors à son roman, aidé d'un écrivain patient d'Arthez, qui les présente à son groupe d'amis. Un mauvais ange, Lousteau, l'introduit dans le monde interlope du journalisme. Très vite, Lucien connait le succès facile, l'amour avec l'actrice Coralie et se métamorphose en élégant à la mode. Il ne sait pas reconquérir Mme Bargenton qui seule lui permettrait de porter le nom noble de sa mère, Rubempré. Elle se venge en une conspiration sournoise mine le succès de Lucien et de sa maîtresse. A Angoulème, ses dettes ont contribué à ruiner l'imprimerie de David. Lucien regagne Paris, lié à un étrange compagnon, Vautrin, qui lui promet une vie brillante.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Jusqu'à ce qu'il se soit fait la créature de Vautrin, Lucien gagnera autant d'illusions qu'il en aura perdu. C'est dire que, bien qu'analyste lucide, parfois cynique, de soi-même et des autres, il demeure toutefois prisonnier de la pièce qu'il se joue à lui-même; voulant voir le monde comme il est, il découvre qu'il est cruel, mais surtout qu'un nom n'est rien s'il ne s'appuie que sur l'argent roi. Que Lucien échoue à vivre ne nous étonne qu'à demi quand on sait l'échec de la Restauration, tiraillée entre les valeurs anciennes et d'autres résolument nouvelles. Roman de la désillusion mais néanmoins plein de forces, il est le seul de la Comédie humaine où les personnages vivent un présent vrai, séparés de leur avenir; ils n'en ont jamais fini de vivre.

 

 


LE LYS DANS LA VALLEE
écrit par Honoré de Balzac en 1835

AVANT-PROPOS :
Le début du roman parait en 1835 dans la Revue de Paris alors que Balzac n'a pas fini de l'écrire. Son éditeur Buloz ayant, sans même prévenir Balzac, donné le texte à la Revue étrangère de Saint-Pétersbourg, Balzac fait un procès, qu'il gagne. L'écrivain n' achèvera son roman qu'en mai 1836 : il parait alors dans la Chronique de Paris, revue dont Balzac possédait des parts.
Le roman se présente sous la forme de deux lettres. La première, longue, est la confession du comte de Vandenesse, adressée à la comtesse Nathalie de Manerville; il y raconte sa vie et, en particulier, son amour pour Henriette de Mortsauf, surnommée le "Lys dans la vallée". La deuxième lettre, courte, est la réponse de Madame de Manerville.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :

Alain-Félix de Vandenesse, jeune homme sevré de tendresse durant son enfance, rencontre, au château de Clochegourde dans la vallée de l'Indre, la belle Henriette de Mortsauf ; celle-ci coule des jours sans joie auprès d'un mari prématurément vieilli, qui la traite sans douceur, et de deux enfants dont la santé l'inquiète. Admis dans l'intimité de la famille, Félix devient le confident D'Henriette ; sa délicatesse lui interdit d'aller plus loin, d'autant que la vertueuse châtelaine prétend l'aimer comme un fils. Une passion nait, plus brulante encore qu'elle demeure chaste. En 1815, le retour des Bourbons favorise la carrière de Félix, qui est nommé auprès de Lousi XVIII. A Paris, après une résistance acharnée, il tombe dans les filets d'une séduisante anglaise, Lady Dudley. Henriette apprend sa liaison et se laisse mourir d'inanition. Dans une lettre posthume, elle ouvre son cœur et révèle à Félix la vraie nature de ses sentiments : elle rêvait d'être sa maîtresse.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

Dans ce livre, Balzac se propose "d'aborder la grande question du paysage en littérature" et il situe dans sa Touraine natale ce roman où on devine une part autobiographique. Il transpose, dans une version platonique toutefois, l'histoire de son premier amour; l'héroïne rappelle Madame de Berny. Il faut voir, dans l'intrigue elle-même, une parenté, signalée dès l'origine par les critiques, avec Volupté de Sainte-Beuve, dont la lecture a déclenché chez l'écrivain "une grande réflexion sur le tragique de la condition féminine". La gestation du Lys, laborieuse, suscite remaniements et retouches : "Jamais une œuvre n'a plus coûté de travaux", écrit-il à Madame Hanska. Balzac accorde à la nature un rôle souverain et peaufine ses descriptions. La rivière, les fleurs et les arbres entretiennent de mystérieuses correspondances avec l'âme des protagonistes. Cette élégie en prose fut mal reçue. "Tous l'ont honni, tous ont craché dessus", se plaignit Balzac.

 

 

 

LA PEAU DE CHAGRIN
écrit par Honoré de Balzac en 1830

AVANT-PROPOS :
Paru en 1831 dans la série des Romans et Contes philosophiques, ce roman n'a guère été précédé que par Les Chouans, parus en 1839. La Peau de Chagrin est souvent considérée comme le "premier chef-d'œuvre balzacien" (Albert Béguin).
La Peau de Chagrin n'a pas, par ses personnages, qu'un lien ténu avec l'ensemble de La Comédie humaine, lien que Balzac n'a d'ailleurs tissé que postérieurement à la rédaction du roman et à sa première parution, en rebaptisant les comparses de Raphaël en 1845 (tel Rastignac). "Mais le lien véritable est autre : "La Peau de Chagrin est une clef qui ouvre les secrets de l'univers de Balzac" (Albert Béguin).


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Raphaël de Valentin, étudiant sans plus d'illusions sur la vie, erre le long de la Seine, balançant d'y engloutir sa jeune vie, quand ses pas le mènent dans la boutique d'un antiquaire, sorte de caverne d'Ali-Baba. Il y découvre un talisman, sous la forme d'une peau de chagrin aux vertus magiques : quiconque la détient voit ses vœux s'exaucer. Mais chaque réalisation d'un souhait entraine une diminution de l'existence à courir, matérialisée par un rétrécissement du morceau de cuir. Une vie nouvelle s'amorce pour l'étudiant. Il est désormais riche à millions. Va-t-il enfin pouvoir conquérir la belle Foedora, qui se refuse à tous ses admirateurs, dont Rapahël a été épris ? Mais la réalité lui apparaît désormais : Foedora est aussi froide, indifférente que brillante. C'est alors de Pauline que Raphaël tombe amoureux ; tendre compagne de son infortune, elle est devenue très riche. Mais voilà que la Peau diminue dangereusement, rappelant à Raphaël l'implacable loi du désir. Ni la science, ni les tentatives d'autorestriction ne peuvent lutter contre l'irréversible pacte. Raphaël meurt dans les bras de Pauline.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Conte fantastique où l'on rencontre d'étranges antiquaires et où des talismans ont des pouvoirs magiques, baignant dans un halo de mystère oriental, mais aussi roman parisien avec des journalistes à la verve satirique et qui s'achève dans un romantisme échevelé, sans dédaigner à l'occasion à la truculence rabelaisienne. L'ouvrage déborde de vitalité, sinon de la totale maîtrise, d'un génie à ses débuts. Vivre sans passion mais longtemps ou se plonger dans une existence exaltante mais courte, telle est selon l'auteur l'alternative tragique de l'existence. Qu'importe la justesse de la formule. Reste le roman, et avec Fœdora l'allégorie du personnage principal (la Société) de la Comédie humaine, dont la Peau de chagrin est une manière d'ouverture.

 

 


LE PERE GORIOT
écrit par Honoré de Balzac en 1834

AVANT-PROPOS :
Balzac avait commencé par écrire des romans séparés. En 1834, il imagina de faire réapparaître certains personnages dans plusieurs ouvrages, ce qu'il mit en application dans ce roman. La Comédie humaine était née.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Rastignac, jeune aristocrate provincial, est venu faire son droit à Paris et habite la sinistre pension Vauquer. Il y fait connaissance de l'énigmatique Vautrin, ancien forçat, de l'orpheline Victorine Taillefer, qui s'éprend de lui, de Goriot, l'ancien vermicellier. Sa cousine, madame de Beauvais, l'introduit" dans la haute société parisienne. Il découvre alors l'existence des deux filles Goriot, mariées l'une à l'aristocrate Restaud, l'autre au banquier Nucingen. Rastignac devient l'amant de Delphine de Nucingen. Les deux filles de Goriot, qui manquent toujours d'argent, tentent de soutirer des sommes importantes à leur père, qui se ruine pour elles. Elles se disputent odieusement devant lui. Goriot, frappé d'apoplexie, meurt après quelques jours d'agonie pendant lesquels il ne cesse de réclamer ses filles, qui ne viendront pas le voir. Seuls Rastignac et son ami l'étudiant en médecine Bianchon le soignent. Rastignac, ayant perdu toutes ses illusions, lance un défi à la société : "A nous deux maintenant ! ".

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
En 1834, Balzac a 35 ans. Il écrit depuis vingt ans, publie depuis douze ans et signe de son nom depuis cinq ans. Son activité s'est développée dans de multiples directions : fresques historiques (Le Dernier des Chouans ou la Bretagne en 1800), essai sur le mariage (La Physiologie du mariage), contes philosophiques (L'Elixir de longue vie), romans sentimentaux illustrant le plus souvent l'amour malheureux. Balzac se sent riche de multiples virtualités et les exploite. Le premier roman auquel il applique le procédé de Comédie humaine est le Père Goriot

 

 

 

SPLENDEURS ET MISERES DES COURTISANES
écrit par Honoré de Balzac

AVANT-PROPOS :
Balzac est le créateur du roman-feuilleton en 1836, il a l'idée géniale d'écrire les Illusions perdues par petits chapitres, lesquels sont insérés quotidiennement dans les grands journaux. Dans ce roman, l'auteur perfectionne ce procédé lucratif.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Cette œuvre constitue le terme de la triologie romanesque imaginée par Balzac en 1836 avec le Père Goriot et Les illusions perdues : Lucien de Rubempré, déjà omniprésent dans les romans précédents, tente une nouvelle percée dans le monde parisien, et conclut avec le forçat Jacques Collin, alias Vautrin, un pacte politique. En lui faisant miroiter mille jouissances, en lui donnant l'ambition du pouvoir, Vautrin parvient à faire de son jeune élève un véritable esclave qui lui sert à préparer ses forfaits : Lucien devient son instrument dans la société. En fréquentant celle-ci, il tombe cependant amoureux d'Esther Gobseck, jeune courtisane qui désire se marier avec lui.
Mais les ambitions de Vautrin sont toutes autres et mettent fin à l'idylle : il décide de vendre Esther au financier Nucingen, afin d'avoir accès à sa fortune et de marier Lucien à la riche et influente Clotilde de Grandieu. Pour mettre fin à cette situation tragique, Esther s'empoisonne. Mais Lucien et Vautrin sont finalement arrêtés et emprisonnés : de désespoir, le premier avoue son alliance avec le forçat et se pend en prison. Le second parvient à s'échapper et obtient après mille machinations le poste de chef de la Sûreté de Paris.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
La Comédie humaine n'a pas d'autres ambitions que d'exprimer la réalité parisienne après l'Empire : dans notre roman, la cinquante-neuvième pierre de son édifice, Balzac présente la société sous la Restauration comme une vaste mesquinerie et comme un rêve permanent. Mais plus profondément, cette scéne de la vie parisienne constitue une autobiographie implicite : comme son héros, Balzac voulait d'abord le pouvoir et ne voyait le bonheur que dans l'affirmation de soi. Comme lui, il s'est frotté au monde littéraire, à ses heurts, à ses succès éphémères et à ses amertumes. C'est un roman de maturité.


N.B. : La maison de Balzac se trouve rue Raynouard dans le XVIème Arrdt. La ville de Paris l'acquit en 1908 pour la convertir en Musée.

Publié dans litterature.rebelle

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