Claudel Paul

Publié le par Eric Balay

LE SOULIER DE SATIN
écrit par Paul Claudel en 1943


BIOGRAPHIE :
CLAUDEL (Paul) (Villeneuve-sur-Fève, Aisne 1868- Paris 1955), mort à 87 ans, lit en 1886 l'œuvre de Raimbaud qui a sur lui une profonde influence et retrouve dans la religion catholique une foi qu'il conservera jusqu'à sa mort. En 1890, reçu premier au concours des Affaires étrangères, il opte pour les consulats. Il fréquente le salon de Mallarmé et écrit les premières versions de ses drames : "Tête d'or", "la Ville" et "la Jeune Fille Violaine". En 1893, commence sa vie de voyageur. Il est consul à NYC, puis consul à Boston où il compose "l'Échange". De 1895 à 1900, il est en Chine. Il y écrit la plupart des poèmes qui constituent "Connaissance de l'Est". Après un séjour d'un an en France, il retourne en Chine en 1901. Sa pièce "Partage de midi" écrite en 1905 est écrite à la suite d'une nouvelle crise, provoquée par un amour irréalisable. Mais le poète revient en France, se marie, puis rejoint la Chine. Il y compose deux grandes œuvres lyriques : "Cinq Grandes Odes" et "Corona Beignatis Anni Dei". De 1909 à 1920, ses fonctions l'amènent à résider dans différentes villes d'Europe : Prague, où il écrit "l'Annonce faite à Marie" (représenté en 1912), puis "l'Otage" (représenté en 1914) etc. En 1921, il retourne en Extrême-Orient, comme ambassadeur de France à Tokyo, et il y écrit son chef-d'œuvre dramatique "le Soulier de satin" (représenté en 1943). En 1927, il est nommé à Washington et y compose "le Livre de Christophe Colomb". En 1946, il est rentré à l'Académie française.

 

PROLOGUE :
"Jette tout ! Donne tout afin de tout recevoir" : telle est la maxime de doña Prouhèze que l'on peut retenir comme étant le thème annonciateur "le Soulier de satin".
C'est avec cette œuvre qu'éclate l'art mystique de l'auteur, chantre du credo de l'Église catholique et poète de très grande psychologie qui mêle la recherche de Dieu à l'art lyrique. Jouée en 1943, cette pièce fut qualifiée de collaboration culturelle.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Dans l'Espagne de la Renaissance, alors phare du monde chrétien, don Rodrigo de Mancor est aimé par une femme mariée, doña Poudhèze, qui tente de résister à cette impossible passion. Pour cela, elle dépose aux pieds de la statue de la Vierge son soulier de satin en exprimant le souhait de n'aller vers le mal qu'avec un pied boiteux. Cependant, Rodrigue étant blessé au combat, doña Poudhèze le rejoint, suivie par don Pelage, son mari, qui, loin de la punir, lui propose un défi à la mesure de son âme : se faire la gardienne de la citadelle de Mogador en Afrique, avec don Camille que l'on soupçonne de trahison et qui a déclaré sa flamme à doña Poudhèze; Rodrigue, lui, part prendre la place de vice-roi des terres d'outre-mer sur ordre du roi. La séparation physique forge l'union spirituelle entre Rodrigue et doña Poudhèze. Don Pelage mort, celle-ci est contrainte d'épouser don Camille. Rodrigue, venu sauver Poudhèze, entretemps devenue mystique, doit à sa demande tout abandonner et devient esclave puis serviteur ; il se détache de tout pour se rapprocher de Dieu.

 

 

 

TÊTE D'OR
écrit par Paul Claudel en 1890

 

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE
Simon Agnel ensevelit au pied d'un arbre la femme qu'il a aimée. Il y rencontre Cébès, qui a ardemment désiré cette même femme. Tous deux se jurent fidélité. Simon Agnel - devenu entre temps Tête d'Or à cause de sa chevelure blonde - ramène "l'ordre et l'espérance" au palais de l'Empereur, où il régnait une "nuit sans lumière". Comme il a vaincu les Barbares et s'est arrogé le commandement de l'armée, il est pris du désir fou de tout posséder. Dévoré par l'épée"', Tête d'Or tue l'Empereur et, par le droit du sang, se proclame successeur. Cébès meurt dans la "joie de la dernière heure" et laisse Tête d'Or seul au monde. La Princesse, fille de l'Empereur, annonce à Tête d'Or sa perte par le sang. Après avoir accompli son parcours terrestre, Tête d'Or livre un dernier combat contre les Barbares au pied du Caucase. Gravement blessé et abandonné de tous, il agonise. Il entend alors gémir la Princesse, qui s'est retirée aux limites de l'univers, méprisée de tous. Elle a été crucifiée à un arbre par un inconnu (la pauvre !) et Tête d'Or la délivre de sa croix symbolique. Il la choisit pour successeur de son Royaume. Par son sacrifice, Tête d'Or peut à présent mourir délivré.

 

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Tête d'Or est une œuvre plus lyrique que théâtrale. Oeuvre de jeunesse, elle préfigure déjà les grands drames de la maturité claudélienne.

 

 

 

 

L'ANNONCE FAITE À MARIE
écrit par Paul Claudel en 1912


PROLOGUE :
Le mystère était un genre théâtral du Moyen Âge. Il représentait à la scène un sujet religieux, correspondant au calendrier. En considérant cette œuvre comme un mystère, Claudel renvoie donc à la double signification de ce terme.

 

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
L'action de ce drame en quatre actes se déroule dans un "Moyen Age de convention". Au cours du prologue de la pièce, un constructeur de cathédrales, Pierre de Craon, atteint de lèpre, retrouve Violaine, jeune fille qu'il avait désirée, mais qui est maintenant fiancée à un certain Jacques Hury. Au moment de se séparer, Violaine lui tient la main et lui donne un baiser. Ce beau geste est fatal. Mara, amoureuse du fiancé, a surpris la scène et accusera sa sœur Violaine d'infidélité. Alors que son père part en Croisade (Acte I), Violaine devient elle-même lépreuse et, abandonnée par son fiancé, elle est contrainte de quitter sa famille pour aller se réfugier dans une grotte au cœur de la forêt (Acte II). Mara épouse Jacques Hury. Huit ans après, le soir de Noël, Mara va retrouver Violaine, portant dans ses bras sa fille morte. Dans le calvaire de la lèpre, Violaine a rencontré Dieu. Défiée par le désespoir de sa sœur, elle ressuscite l'enfant, qui prend la couleur bleue de ses yeux (Acte III). Guéri de la lèpre, Pierre de Craon porte Violaine chez elle. Mara l'avait ensevelie sous un tas de sable. Avant de mourir, Violaine demande à son ancien fiancé le pardon de sa sœur. Le Père revient de la Croisade pour l'enterrement de sa fille (Acte IV).

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
L'annonciation est donc transposée dans un drame médiéval, qui nous raconte l'histoire d'une résurrection et d'une sanctifaction. Violaine est consacrée comme une sainte.

Publié dans litterature.rebelle

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