Colette

Publié le par Eric Balay

CLAUDINE À L'ÉCOLE
écrit par Colette entre 1900 et 1903

 

BIOGRAPHIE :
COLETTE (Sidonie Gabrielle) (Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne 1873 - Paris 1954), morte à 81 ans : Elle épouse en 1893 l'écrivain Willy (Henri Gauthier-Vlllars), qui se fait passer pour le véritable auteur des ouvrages qu'elle écrit, la série, vite célèbre, des "Claudines" (1900 - 1903). Elle divorce en 1906 et fait du music-hall, sans cependant abandonner la littérature. En 1935, elle épouse Maurice Goudekel et en 1945, elle est appelée à siéger à l'Académie Concourt. Parmi ses nombreuses œuvres, il nous faut retenir : "la Retraite sentimentale" (1907), "les Vrilles de la vigne" (1909), "l'Envers du music-hall" (1913), "Chéri" (1920), "la Maison de Claudine" (1922), "le Blé en herbe" (1923), "la Fin de Chéri" (1926), "la Chatte" (1933) et "Lettres au petit corsaire" (1963).

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Au début de cette nouvelle année scolaire, Claudine, jolie, intelligente et sûre d'elle, trouve en la nouvelle institutrice, Aimée Lanthenay, une confidente et aimée. Très vite, la jeune fille éprouve pour sa supérieure des sentiments proches de l'amour, mais Claudine n'est pas la seule à voir en Aimée une femme fort séduisante. En effet, la directrice de l'école, Melle Sergent, fait en sorte qu'elles ne se voient plus en dehors des cours afin de garder "pour elle seule" la jeune institutrice. De l'amour, Claudine va vite passer au mépris en cachant son jeu, par trop de déception... et d'orgueil. Étant assez bonne élève et très douée pour le chant, Claudine n'hésite pas à être d'une impertinence sans bornes : elle fait chanter Aimée qu'elle surprend dans les bras de la directrice, bat ses camarades, séduit un jeune professeur, mais aucune menace d'expulsion ne l'effraye assez pour qu'elle se calme, l'année se passe et s'achève autour de ce personnage à forte personnalité, petite reine dont le laxisme paternel a fart une jeune fille odieuse et attachante.

 

 

 


SIDO
écrit par Colette en 1930

PROLOGUE :
Au fur et à mesure que Colette vieillit, sa mère devient peu à peu le personnage central de son œuvre.

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Cet ouvrage est le plus souvent associé aux autres récits qui mettent en vedette le personnage de la mère idolâtrée : "La Maison de Claudine" et "La Naissance du jour". Là, Colette exalte la relation privilégiée de Sido à la nature. Mais, à travers ce qui paraît être d'abord un portrait de sa mère, Colette, âgée de 57 ans, entreprend aussi un autoportrait de l'enfant qu'elle fut jadis. L'auteur privilégie l'évocation de ses huit-douze ans, époque à laquelle elle était libre d'entendre les appels des quatre points cardinaux ou de suivre les huit chemins de la rose des vents. Elle nous raconte sa relation avec Adrienne, nimbée d'un érotisme balbutiant et à laquelle la jalousie de Sido mettra un terme. La douzième année qui "vit arriver la mauvaise fortune, les départs, les séparations", marquera la fin du temps béni de l'enfance. Mais Sido n'est pas l'objet exclusif de l'ouvrage : après le premier chapitre qui lui est consacré viennent "Le Capitaine" qui évoque la figure du père et "Les Sauvages" consacré aux figures des frères, Achille et Léo, et de la demi-sœur, Juliette.

COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Ce recueil est divisé en trois parties, consacrées soit à la mère, soit au père, soit aux deux frères. Mais Sido, l'inspiratrice, rayonne dans les trois sections.

EXTRAITS DE L'OEUVRE :
Et pourquoi cesserais-je d'être de mon village ? Il n'y faut compter. Te voilà bien fière, mon pauvre Minet-Chéri, parce que tu habites Paris depuis ton mariage. Je ne peux pas m'empêcher de rire en constatant combien tous les Parisiens sont fiers d'habiter Paris, les vrais parce qu'ils assimilent cela à un titre nobiliaire, les faux parce qu'ils s'imaginent avoir monté en grade. A ce compte-là, je pourrais me vanter que ma mère est née boulevard Bonne-Nouvelle ! Toi, te voillà comme le pou sur ses pieds de derrière parce que tu as épousé un Parisien. (...)

Ce sage, je l'ai vu cent fois franchir la fenêtre, d'un bond réflexe, à chaque coup de sonnette qu'il ne prévoyait pas. Grisonnant, tôt veilli de travail, il retrouvait l'élasticité de son adolescence pour sauter dans le jardin, et ses fillettes riaient de le voir. Ses accès de misanthropie, encore qu'il les combattît, lui creusaient le visage. Peut-être qu'il trouvait, captif, son préau chaque jour plus étroit, et qu'il se souvenait des évasions qui jadis le menaient à un lit d'enfant où il dormait demi-nu, chaste et voluptueusement seul.

 

 

 

 


LE BLÉ EN HERBE
écrit par Colette en 1923


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Pendant que Vinca et Philippe s'amourachent au cours d'une partie de pêche tout à fait charmante, on inculpe Monsieur Alain Juppé. Le monde est très bizarre...

EXTRAITS DE L'OEUVRE :
"Tu vas à la pêche, Vinca ?"
D'un signe de tête hautain, la Pervenche, Vinca aux yeux couleur de pluie printanière, répondit qu'elle allait, en effet, à la pêche. Son chandail reprisé en témoignait et ses espadrilles racornies par le sel. On savait que sa jupe à carreaux bleus et verts, qui datait de trois ans et laissait voir ses genoux, appartenait à la crevette et aux crabes. Et ces deux havenets sur l'épaule, et ce béret de laine hérissé et bleuâtre comme un chardon des dunes, constituaient-ils une panoplie de pêche, oui ou non ?
(...)
De la fenêtre vide venait un fredon fait et heureux, qui ne le toucha pas. Il ne songea pas non plus que dans quelques semaines l'enfant qui chantait pouvait pleurer, effaré, condamné, à la même fenêtre. Il cacha son visage au creux de son bras accoudé, contempla sa propre petitesse, sa chute, sa bénignité. "Ni héros, ni bourreau... un peu de douleur, un peu de plaisir... je ne lui aurai donné que cela... que cela..."

 

 


LES VRILLES DE LA VIGNE
écrit par Colette en 1909

PROLOGUE :
Divorcée en 1906 d'avec Willy, Colette a pu goûter l'euphorie de la liberté retrouvée. Les "vrilles de la vigne" désignent, par métaphore, les liens contraignants d'un mariage malheureux.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
Les "vrilles de la vigne" est une série de vingt contes. Le texte liminaire met en scène un rossignol qui chantait sans souci; mais une nuit de printemps, durant son sommeil, "les vrilles poussèrent si drues" qu'il se retrouva prisonnier et dut se débattre pour s'en libérer.


COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :
Ce recueil marque une double rupture avec l'époque qui précède. Rupture littéraire : désormais Colette ne veut plus écrire des livres à scandale à une cadence effrénée. (...) Mais, en 1912, Colette épousera Henry de Jouvenel, dont elle aura une fille surnommée Bel-Gazou.

EXTRAITS DE L'OEUVRE :
Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit. Il avait un grand filet de voix et s'en servait avec adresse du matin au soir, le printemps venu. Il se levait avec les camarades dans l'aube grise et bleue, et leur éveil effarouché secouait les hannetons endormis à l'envers des feuilles de lilas. II se couchait sur le coup de sept heures, sept heures et demie, n'importe où, souvent dans les vignes en fleur qui sentent le réséda, et ne faisait qu'un somme jusqu'au lendemain.

 

 

 


LA MAISON DE CLAUDINE
écrit par Colette en 1909

PROLOGUE
Colette se propose d'abord, au lecteur, comme la souveraine d'un royaume sensible, la reine des choses prochaines, un écrivain de la nature. Pourtant, elle n'est pas orientée vers la campagne à la manière des romanciers paysans. La campagne de Colette est une campagne pour citadines, une campagne dont les baumes cicatrisaient les plaies du cœur. Rien ne viendra à bout d'une certitude solidement appuyée sur la terre, d'une confiance animale dans la vie qui assurera toujours le ressaisissement et la reconquête de soi : accepter est déjà la source d'une satisfaction mystérieuse.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :
II ne se passe rien. C'est quand même la France de mon enfance...


EXTRAITS DE L'OEUVRE :
La maison était grande, coiffée d'un grenier haut. La pente raide de la rue obligeait les écuries et les remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie, à se blottir en contrebas tout autour d'une cour fermée. (...)
L'an prochain, Bel-Gazou aura plus de neuf ans. Elle ne proclamera plus, inspirée, ces vérités qui confondent ces éducateurs. Chaque jour l'éloigne de sa première vie pleine, sagace, à toute heure défiante. L'an prochain, elle reviendra au sable qui la dore, au beurre salé et au cidre mousseux. Elle retrouvera son chaume dépenaillé, et ses pieds citadins chausseront ici leur semelle de corne naturelle, lentement épaissie sur le silex et les sillons tondus. Mais peut-être ne retrouvera-t-elle pas sa subtilité d'enfant et la supériorité de ses sens qui savent goûter un parfum sur la langue, palper une couleur et voir - "fine comme un cheveu, fine comme une herbe - la ligne d'un chant imaginaire...

Publié dans litterature.rebelle

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