Lagarde et Michard

Publié le par Eric Balay

FLORILÈGE DES LAGARDE ET MICHARD

 

 

LE MOYEN-AGE :

François Villon (1431 - 1462), mort à 31 ans laisse parler son cœur douloureux dans "Les Regrets" avec une sincérité profonde et une entière spontanéité : ce sont ces accents authentiques de la détresse humaine, de la faiblesse humaine aussi, qui nous émeuvent et font de Villon notre premier grand lyrique :

"
Je plains le temps de ma jeunesse,
Auquel j'ai plus qu'autre galé
Jusqu'à l'entrée de vieillesse,
Qui son partement m'a celé.
Il ne s'en est à pied allé
N'a cheval : hélas ! comment donc ?
Soudainement s'en est volé
Et ne m'a laissé quelque don.

Allé s'en est, et je demeure
Pauvre de sens et de savoir,
Triste, faill, plus noir que meure,
Qui n'ai ne cens, rente, n' avoir;
De me désavouer s'avance,
Oubliant naturel devoir
Par faute d'un peu de chevance.

Hé ! Dieu, si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié
J'eusse maison et couche molle,
Mais quoi ! je fuyoie l'école
Comme fait le mauvais enfant;
En écrivant cette parole
A peu que le cœur ne me fend. (...)

Où sont les gracieux galants
Que je suivais au temps jadis,
Si bien chantants, si bien parlants,
Si plaisants en faits et en dits ?
Les aucuns sont morts et roidis,
D'eux n'est-il plus rien maintenant :
Repos aient en paradis
Et Dieu sauve le demeurant !

Et les autres sont devenus,
Dieu merci ! grands seigneurs et maîtres;
Les autres mendient tout nus
Et pain ne voient qu'aux fenêtres;
Les autres sont entrés en cloîtres
De Célestins et de Chartreux,
Bottés, houés corn pêcheurs d'oîtres :
Voyez l'état divers d'entre eux !

- BALLADE DES PENDUS -

Villon, condamné à mort, s'attend à être pendu : alors, du fond de son angoisse, s'élève cette marche funèbre, ce "De profundis" au rythme obsédant.


Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurciz,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six :
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça (= voici longtemps déjà) dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
Excusez nous, puis que nous sommes transsis (= trépassés),
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pur nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, âme ne nous harie (= tourmente);
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluie nous a debuez (= trempés) et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz :
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Puis becquetez d'oiseaulx que dez a coudre.
Ne soyez donc de notre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'ayons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !


XVIÈME SIÈCLE :

Voici peut-être le plus célèbre des personnages simplement humains de François Rabelais (1483 -1553), mort à 70 ans : Panurge, dont le nom signifie en grec (et aussi "apte à tout faire" !). Figure pittoresque d'étudiant famélique et joyeux drille, toujours en quête d'une farce ou d'un mauvais coup.

“Panurge était de stature moyenne, ni trop grand, ni trop petit, et avait le nez un peu aquilin, fait à manche de rasoir, et pour lors était de l'âge de trente et cinq ou environ, fin à dorer comme une dague de plomb, bien galant homme de sa personne, sinon qu'il était un peu paillard et sujet de nature à une maladie qu'on appelait en ce temps-là : "Faute d'argent, c'est douleur non pareille" (= proverbe versifié par Clément Marot (1496 -1544), mort à 48 ans).

 


- "HEUREUX QUI, COMME ULYSSE..." -

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux;
Plus que le marbre dur, me plaît l'ardoise fine,
Plus mon Loire que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.


Joachim du Bellay (1522 - 1560), mort à 38 ans, "Les Regrets"


Le XVIIème siècle :

Les romans précieux :

Honoré d'Urfé (1567 -1625), mort à 58 ans, a passé sa jeunesse dans le cadre Renaissance du château de La Bastie, sur les bords du Lignon, en Forez.

Jean de La Fontaine (1621 -1695), mort à 74 ans :

- LA LAITIÈRE ET LE POT AU LAIT -

Perrete, sur sa tête ayant un pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et courte vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis, ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple et souliers plats,
Notre laitière ainsi troussée (= bien ajustée)
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent;
Achetait un cent d'œufs, faisait triple couvée :
La chose allait à bien (= réussissait) par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile
D'élever des poulets autour de ma maison;
Le renard sera bien habile
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son;
II était, quand j'eus, de grosseur raisonnable :
J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?"

Perrette là-dessus saute aussi, transportée :
Le lait tombe; adieu, veau, vache, cochon, couvée.
La dame (= maîtresse) de ces biens, quittant d'un œil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari,
En grand danger d'être battue.
Le récit en farce en fut fait;
On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière enfin tous,
Autant les sages que les fous,
Chacun songe en veillant; il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse (= trompeuse) erreur emporte alors nos âmes;
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi;
Je m'écarte (= je m'éloigne), je vais détrôner le Sophi (= Shah de Perse)
On m'élit roi, mon peuple m'aime; Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même,
Je suis Jean comme devant.

LES DEUX PIGEONS

D'un long récit de Pilpay qui débutait par une "litanie sentencieuse", La Fontaine a d'abord tiré "le discours dont chaque mot est une preuve de tendresse" (Taine).

Deux Pigeons s'aimaient d'amour tendre :
L'un d'eux, s'ennuyant au logis,
Fut assez fou pour comprendre
Un voyage en lointain pays.
L'autre lui dit : Qu'allez-vous faire ?
Voulez-vous quitter votre frère ?
L'absence est le plus grand des maux (...)
Je servis, engagé par mes premiers serments.
Hélas ! quand reviendront de semblables moments ?
Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants
Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ?
Ah ! si mon cœur osait encor se renflammer !
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?
Ai-je passé le temps d'aimer ?

JACQUES BÉNIGNE BOSSUET (Dijon 1627 - Paris 1704), mort à 77 ans :

Fils d'un avocat au parlement de Dijon, il fut archidiacre de Metz, après son ordination sacerdotale, de 1652 à 1659. Il devint, dès son arrivée à Paris en 1659, l'orateur religieux le plus réputé. A partir de 1672, il se consacra à la tâche de précepteur du Dauphin, qui lui avait été confiée en 1670. Ce titre s'ajouta à celui de membre de l'Académie française en 1671, mais l'obligea à donner sa démission d'évêque de Condom, titre qu'il possédait depuis 1669. Ce grand écrivain classique a été un orateur, un polémiste et un historien.

Comme polémiste, nous pouvons citer "l'Histoire des variations des Eglises protestantes" (1688).

NICOLAS BOILEAU (dit Boileau-Despréaux) (Paris 1636 - id 1711), mort à 75 ans :

Aux environs de 1658, il commença d'écrire des "Satires", qu'il lisait à ses amis. En 1666, un imprimeur s'en procura le texte et le publia; il se hâta de faire paraître une édition authentique (mars 1666). Elle lui valut des attaques très vives de ses victimes. Peu à peu, il s'assagit (cf. Satire n°VIII écrite en 1667).


FRANÇOIS VI DE LA ROCHEFOUCAULD (Paris 1613 - id 1680), mort à 67 ans :

Après avoir fait campagne en Italie et s'être battu dans les rangs des Frondeurs, il quitta l'armée à la suite d'une blessure reçue durant le combat de la porte Saint-Antoine. Il fréquenta le salon de Mme de Sablé et, à partir de 1665, celui de Mme de La Fayette. En 1664 parurent ses "Réflexions ou Sentences" et "Maximes morales", dont le pessimisme se nuança au cours des éditions suivantes. Ami de Mme de La Fayette, il devint son conseiller pour l'écriture de ses ouvrages.


LA FAYETTE ou LAFAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de) (Paris 1634 - id 1693), morte à 59 ans :

Elle tint salon rue de Vaugirard et y reçut des écrivains (Ménage, Segrais et La Fontaine), parmi lesquels on vit souvent sa grande amie Mme de Sevigné. A partir de 1665, l'un des habitués du salon, La Rochefoucauld, se lia avec elle d'une amitié profonde, qui dura jusqu'à sa mort en 1680. C'est dans cette atmosphère littéraire que Mme de La Fayette commença à écrire, aidée de Segrais, qui d'ailleurs les signa, ses deux premiers romans : "La Princesse de Montpensier" (1662) et "Zaïdfi" (1670). En 1678, elle publia "La Princesse de Clèves", oeuvre qui marque l'avènement du roman moderne. Elle est aussi l'auteur de nouvelles historiques, de Lettres et de Mémoires ("Histoire d'Henriette d'Angleterre". publiée en 1720; "Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689". (publiés en 1731).

Résumé de "la Princesse de Cleves" : Mademoiselle de Chartres a épousé sans amour le Prince de Cleves. Lorsque le beau Duc de Nemours revient a la cour de Henri II, la Princesse de Cleves éprouve pour lui un sentiment qu'elle n' a jamais ressenti; elle estime devoir en avertir son mari. Sur de faux soupçons, celui-ci meure de jalousie, non sans avoir reconnu au dernier moment l'innocence de sa femme. Redevenue libre, elle refuse d' épouser Nemours et finit sa vie au couvent. Cette oeuvre a ouvert l'air du roman psychologique moderne (cf. extraits p. 364 - 367 dans "Lagarde et Michard"


JEAN RACINE (Jean) (La Ferté-Millon 1639 - 1699), mort à 60 ans :

Orphelin dès l'âge de quatre ans, il est recueilli par les religieuses de Port-Royal. En 1673, il rejoint l'Académie française et se marie en 1677 avec Catherine de Romanet. Ses principales oeuvres sont : "La Thébaïde" (1664), "Andromaque" (1670), "Les Plaideurs" (1668), "Britannicus" (1669), "Bérénice"(1670 "Bajazet" (1672), "Iphigénie" (1674), "Phèdre" (1677), "Esther" (1689) et "Athalie".

SÉVIGNÉ (Marie de Rabutin-Chantal, marquise de) (Paris 1626 - château de Grignan 1696), morte à 70 ans :

Orpheline de père et de mère à six ans, elle est placée sous la tutelle de son grand-père Philippe de Coulanges. Elle épouse à 18 ans Henri de Sévigné. Celui-ci est tué dans un duel en 1651. veuve, elle se consacre à ses enfants, Françoise et Charles. En 1669, sa fille épouse le comte de Grignan, qui, bientôt nommé lieutenant général en Provence, appelle sa femme auprès de lui en 1671. Entre la mère, privée de sa fille, c'est le début d'une longue correspondance qui va durer un quart de siècle. Dès 1667, Mme de Sévigné habite l'hôtel Carnavalet. Outre les lettres adressées à son fils Charles, elle écrit à Mme de La Fayette et à Pomponne.

SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de) (Paris 1675 - id 1755), mort à 80 ans


LA BRUYÈRE (Paris 1645 - Versailles 1696), mort à 51 ans :

Fils d'un contrôleur des rentes de la Ville de Paris, il en profite pour observer la petite cour de Chantilly, qui lui inspire l'idée de composer une série de portraits, origine de l'ouvrage paru en 1688, "les Caractères de Théophraste traduits du grec, avec les caractères et les moeurs de ce siècle". L'intérêt principal de cet ouvrage réside dans la peinture d'une société en pleine transformation (puissance des affairistes) à l'aide d'un style elliptique et nerveux.


FRANÇOIS DE SALIGNAC DE LA MOTHE-FÉNELON (Château de Fénelon, Périgord 1651 - Cambrai 1715), mort à 64 ans : Ordonné prêtre vers 1675, il est nommé en 1678 directeur des Nouvelles Catholiques, institution destinée à la rééducation de jeunes filles protestantes converties au catholicisme. Il écrit en 1687 son "Traité de l'éducation des jeunes filles" pour les huit filles du duc de Beauvillier. Il entre à l'Académie française en 1693. Nommé archevêque de Cambrai en 1695, il défend la doctrine du quiétisme de Mme Guyon dans son "Explication des Maximes des saints" (1697) contre Bossuet, qui s'est décidé à le combattre. Le Saint-Siège condamne en 1699 l'ouvrage de Fénelon. Un de ses derniers écrits, sa "Lettre sur les occupations de l'Académie française" (écrite en 1714, publiée en 1716), exprime ses préférences pour les auteurs de l'Antiquité.

MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin dit) (Paris 1621 - id 1673), mort à 52 ans : Fils et petit-fils de tapissiers, il renonce au barreau pour créer, avec les Bajart, l'Illustre-Théâtre en 1643. Il ne réussit pas et part en 1645 pour la province, qu'il parcourt durant douze ans. En 1658, il revient à Paris et joue "Nicomède" devant le roi. Il rapporte de province deux comédies, "l'Étourdi" et le "Dépit amoureux". "Les Précieuses ridicules" (1659), sa première œuvre originale, lui apportant la célébrité. Molière obtint du roi la salle du Palais-Royal, où il va se dépenser durant quatorze ans, comme auteur, directeur de troupe et acteur. Encouragé par le succès, il écrit et joue 28 pièces, soit une moyenne de deux pièces par an. Les principales sont "l'École des maris" (1661), "les Fâcheux" (1661), "l'Ecole des femmes" (1662), "l'Impromptu de Versailles" (1663), "le Mariage forcé" (1664), "le Tartuffe" (1664), "Don Juan ou le festin de pierre" (1665), "l'Amour, médecin" (1665) et "le Misanthrope" (1666). Il meurt en 1673, après la quatrième représentation du "Malade imaginaire". Moraliste, il voulait que son œuvre servît au bonheur des hommes; il combattit avec force les faux dévots, les gens qui étalent un amour feint pour les choses de l'esprit et pour les beaux sentiments.


BLAISE PASCAL (Clermont-Ferrand 1623 - Paris 1662), mort à 39 ans : Son père, Étienne Pascal, constatant sa précocité, veille sur son instruction et, quand il vient s'installer à Paris en 1631, le fait admettre aux réunions de savants auxquelles lui-même participe. A seize ans, Blaise écrit un "Essai sur les coniques". Trois ans plus tard, il imagine une machine arithmétique destinée à aider son père, qui a été chargé du contrôle fiscal en Normandie. La famille vit alors à Rouen (1639 -1647) et y subit l'influence janséniste. Revenu à Paris en 1647, il y publie le récit de ses premières expériences sur le vide, faîtes à Rouen en 1646, et qui répètent celles de Torricelli. C'est alors qu' il écrit son important "Préface pour un traité du vide" (cf expérience du puy de Dôme). Son père meurt en 1651. Sa sœur Jacqueline entre au couvent de Port-Royal en 1652. Pascal fréquente quelques mondains : le duc de Roannez, Mitton et le chevalier de Méré. En 1654, il échappe à la mort dans un accident de voiture sur le pont de Neuilly et, à la suite d'une extase (nuit du 23 Novembre 1654), décide de revenir totalement à Dieu; il prend pour directeur de conscience un prêtre janséniste, M. Singlin, et se retire à Port-Royal-des-Champs en 1655. Il continue ses recherches scientifiques. Il résout le problème de la "roulette", c'est-à-dire de la cycloïde. Mais la maladie l'empêchera de réaliser tous ces projets. Ses amis publieront ses notes en 1660 sous le titre de "Pensées".

JOHN LOCKE (Wrington, Sommerset 1632 - Oates, Essex 1704), mort à 72 ans : II fut étudiant a Oxford, puis membre de la Société royale (1668) et médecin du comte Shaftesbury. Sa théorie de la connaissance, exposée dans l'Essai sur l'entendement humain (mars 1690), est une critique de la théorie cartésienne des idées innées et place la source de nos connaissances dans l'expérience, c'est à dire dans la sensation aidée de la réflexion. Ses Lettres sur la tolérance (1689) lui attirèrent la haine de tous les fanatiques. On lui doit en outre deux ouvrages Traités du gouvernement civil (1690), Pensées sur l'éducation (1693) et un essai pour concilier la religion naturelle et le christianisme primitif ."le christianisme raisonnable" (1695).

MARIVAUX (Pierre CARLET DE CHAMBLAIN DE)(Paris 1688 - id 1763), mort à 75 ans : Auteur dramatique et écrivain français. Après avoir écrit quelques romans médiocres et des paroles d'Homère et de Fenélon, il fait jouer en 1720 deux comédies : l'Amour et la Vérité et Arlequin poli par l'amour. Ruiné lors de la banqueroute de Law, il décide de se consacrer complètement aux travaux littéraires. Il rédige plusieurs journaux et compose en vingt ans une quarantaine de pièces de théâtre. Il renouvelle la comédie en la fondant sur l'amour naissant, traduit en un langage délicat qu'on a appelé le "marivaudage". Les plus célèbres de ses pièces sont La Surprise de l'amour(1722), La Double Inconstance (1723), Le Jeu de l'amour et du hasard (1730), La Mégère confidente (1735), les Fausses Confidences (1737) et l'Epreuve (1740 ) . En outre, il publie de 1731 à 1741 deux romans : "la Vie de Marianne" et "le Paysan parvenu". (Acad. fr.1743).


L'ABBÉ ANTOINE FRANÇOIS PRÉVOST (Hesdin, Artois 1697 - Courteuil, près de Chantilly 1763), mort à 66 ans : Novice chez les jésuites, il s'engagea dans l'armée en 1717 et revint chez les jésuites. Il publia en 1728 son premier roman, "Mémoires et aventures d'un homme de qualité", après quoi il s'enfuit de Hollande.

Il fit paraître "l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut" en 1731, puis "Cleveland" (1732 -1739).


DENIS DIDEROT (Langres 1713 - Paris 1784), mort à 71 ans


MONTESQUIEU (Charles de Secondât, baron de La Brède et de) (La Brède, près de Bordeaux 1689 - Paris 1755), mort à 66 ans : Né dans un milieu de magistrats bordelais, y fait de bonnes études classiques chez les oratoriens de Juilly, près de Meaux, et les couronne par une formation classique. Il ne tarde pas à tourner sa curiosité vers les faits sociaux du passé et de son temps. Ce sont ces derniers qu'il présente en 1721 d'une façon humoristique dans les "Lettres persanes", dont le succès facilite son introduction dans les salons parisiens. Il publie en 1734 "Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence", mais accumule depuis longtemps les documents de son œuvre principale, "De l'esprit des lois", dont les "Considérations" ne sont qu'une sorte de chapitre détaché. Après y avoir encore travaillé durant quatorze ans, il se résout à le publier en 1748. De son œuvre et de son journal, qu'il intitule "Mes pensées", se dégage l'image d'un moraliste, curieux de tout ce qui touche au bonheur et désireux d'en enseigner la conquête de ses semblables. Il jeta les bases des sciences sociales et économiques.

 

JEAN-JACQUES ROUSSEAU (Genève 1712 - Ermenonville, près de Senlis 1778), mort à 66 ans : II est pratiquement livré à lui-même durant son enfance sans mère et finalement abandonné à dix ans par son père. Il va à Paris pour la première fois en 1731, mais revient en 1732, chez Mme de Warrens, qui l'avait accueilli cinq ans auparavant. Il passe aux Charmettes, propriété de sa bienfaitrice, les années les plus calmes de sa vie. En 1757, Rousseau est accueilli par le maréchal de Luxembourg dans un pavillon à Montmorency, et c'est là, durant les années les plus fécondes de sa vie, qu'il écrit "La Lettre à Alembert sur les spectacles" (1758), "Julie ou la Nouvelle Héloise" (1761), "Du contrat social" (1762) et "l'Emilie" (1762). Il écrit alors, pour se justifier des accusations portées contre lui par les encyclopédistes, des œuvres qui ne paraîtront qu'après sa mort : "les Confessions" (1762 - 1769) et "Rêveries du promeneur solitaire" (1782). Par ses écrits, il a ouvert la voie du romantisme.

 


VOLTAIRE (François-Marie Arouet dit) (Paris 1694- id 1778), mort à 84 ans : Fils d'un notaire parisien, il fait de brillantes études chez les jésuites du collège de Clermont et est introduit par son parrain, l'abbé de Châteauneuf, dans la société libertine du Temple, où il fait apprécier son esprit. II célèbre la liberté dans une tragédie politique ("Brutus", 1731), s'attaque aux dogmes chrétiens ("Epître à Uranie". 1733), aux fausses gloires littéraires ("Le Temple du goût". 1733), au régime politique français ("Lettres philosophiques". 1734). Dans le domaine de la marquise du Châtelet, à Cirey, en Lorraine, il échappe aux poursuites et entreprend de rajeunir la tragédie. S'inspirant du succès de "Zaire" (1732), il évoque le passé national, les pays exotiques, la Rome antique d'après Shakespeare "la mort de Mérope". 1743). En 1746, il devient historiographe du roi et peu satisfait de sa demi-faveur, il écrit en 1747 le conte de "Zadig". En 1778, il répond à l'appel de Paris : il est reçu à l'Académie et à la Comédie-Française


CHARLES BAUDELAIRE (Paris 1821 - id 1867), mort à 46 ans : II reste orphelin de père à l'âge de six ans. Sa mère se remarie au commandant (plus tard général) Auspick avec qui le caractère du poète ne sympathise pas. D'un voyage qui le conduit jusqu'à l'île de Maurice (1841 - 1842), il rapporte une nostalgie d'exotisme qui pénètre sa poésie. A son retour en France commence sa liaison avec la mulâtresse Jeanne Duval ; d'autres passions traverseront son existence, quand il rencontrera l'actrice Marie Daubrun et Mme Sabatier ( la "présidente"). Il admire Delacroix et Constantin Guys, et découvre Wagner. Il a une autre révélation capitale quand il découvre Edgar Poe, dont il s'est fait le traducteur dès 1848. C'est en 1857 qu'il groupe un grand nombre de poème, publiés antérieurement dans les revues, sous le titre "Les Fleurs du mal". Il s'y révèle , en même temps que l'héritier du romantisme et de la poésie de "l'art pour l'art", le créateur de tendance nouvelles. C'est à la même époque (à partir de 1857) que paraisse les "Les petits poème en prose". Certains d'entre eux sont publiés dans le Figaro sous le titre "Le Spleen de Paris" 1864).

 

BENJAMIN CONSTANT DE REBECQUE (Lausanne 1767 - Paris 1830), mort à 63 ans : il rencontra Mme de Staël en 1794 ; ce fut le début d'une liaison de quatorze ans. A Paris, il devint l'un des membres les plus écoutés des cercles politiques libéraux et, après le 18-Brumaire, fut nommé membre du Tribunat par Bonaparte. Condamné à l'exil, il composa son vaste ouvrage "De la religion considérée dans sa source", dont les cinq volumes seront publiés de 1824 à 1831. En 1806, il écrivit un roman psychologique qui devait assurer sa réputation, "Adolphe" (publié seulement en 1816). Rentré en France en 1814, il soutint les Bourbons. Sa correspondance fut publiée longtemps après sa mort.


MADAME DE STAËL -Holstein (Germaine Necker dite) (Paris 1766 - id 1817), morte à 51 ans : Fille du Genevois Necker, ministre de Louis XVI. Sa mère l'admet aux réunions d'écrivains qu'elle tient dans son salon. Enfant prodige, elle compose à 11 ans des "Eloges". A vingt ans, elle épouse le baron de Staël-Holstein (1749-1802), ambassadeur de Suède à Paris. Au début de la Révolution, elle ouvre son salon dans la rue du Bac à des hommes de tendances politiques différentes, mais elle quitte Paris à la chute de la royauté en septembre 1792 et voyage en Suisse et en Angleterre. Elle rencontre Benjamin Constant en 1794. C'est le début d' une liaison orageuse qui ne cessera qu'en 1808. Le 9-Thermidor lui permet de revenir à Paris en 1795 et de rouvrir son salon, mais elle devient suspecte au directoire et doit regagner son château de Coppet, sur les bord du lac de Genève. Elle est de nouveau à Paris en 1797 et voit son prestige s'accroître lorsque paraît son essai "De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales" (1800) et son roman " Delphine " (1802). Elle voudrait guider Bonaparte, mais celui-ci, plein de méfiance, lui témoigne son hostilité lorsque Benjamin Constant se range vers l'opposition et fini par l'obliger à s'exiler. A la Restauration, elle revient à Paris, où la mort ne tarde pas à mettre un terme à son existence passionnée.


FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND (Saint-Malo 1768 - Paris 1848), mort à 80 ans : Dixième enfant d'un hobereau breton, il reçoit une éducation assez désordonnée, qui lui permet de s'abandonner à la rêverie. Adolescent, il a pour confidente sa sœur Lucile, qui exerce une profonde influence sur sa carrière littéraire. En 1797, il se convertit en apprenant la mort de sa mère et de sa sœur. Il rentre en France en 1800 et fait paraître le 14 avril 1802, son "Génie du christianisme", qui contient deux petit romans, "Atala", paru à part en 1801, et "René".


ALPHONSE DE LAMARTINE (Mâcon 1790 - Paris 1869), mort à 79 ans : En 1816, il s'éprend de Mme Julie Charle, mais celle-ci meurt en 1817. En1820, il publie les "Méditations poétiques" qui ont un immense succès. En 1821, il épouse miss Marianne Elisa Birch et va en 1821 à Florence comme secrétaire d'ambassade. A la mort de sa fille Julia, il envisage une vaste composition épique et en publlie deux chants "Jocelyne" 1836, "La chute d'un ange", puis rassemble en 1839, divers poèmes sous le titre de "Recueillements poétiques". En 1847, il publie "l'Histoire des Girondins", qui est chaleureusement accueilli par les républicains. En 1848, il fait parti du gouvernement provisoire et devient ministre des affaires étrangères. II abandonne la politique. Le fameux poème "Le Lac" commence par ces vers :

"Ainsi toujours poussés (= emportés) vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?"

 

ALFRED DE VIGNY (Loches, Touraine 1797 - Paris 1863), mort à 66 ans : Sous-lieutenant aux gendarmes rouges de la maison du roi en 1814, il quitte l'armée en 1827 avec le grade de capitaine. Après 1837, la mort de sa mère, sa rupture avec l'actrice Marie Dorval dont il était l'ami depuis 1831, la maladie de sa femme le font s'éloigner de Paris et des milieux littéraires. Ses principales œuvres sont : "Cinq Mars". "Stello" (1832) et "Chatterton" ( 1835). Élu après cinq échecs, à l'Académie française en 1845, il est élu en 1845.

VICTOR HUGO (Besançon 1802 - Paris 1885), mort à 83 ans

ALFRED DE MUSSET (Paris 1810 - id 1857), mort à 47 ans : Second fils de Musset-Pathay. Ses principales œuvres sont : "Contes d'Espagne et d'Italie" (1830), "Les Caprices de Marianne" (1833), "Fantasio" (1834), "On ne badine avec l'amour" (1834), "Lorenzaccio" (1834) et "La Confession d'un enfant du siècle" (1836). Il est entré à l'Académie française en 1 852.


THÉOPHILE GAUTHIER (Tarbes 1811 - Paris 1872), mort à 61 ans : II étudie la peinture dans l'atelier de Rioult tout en fréquentant les milieux romantiques Ses principales œuvres sont : "Albertus", "Les Jeunes-France", raillerie des romantiques, "Mademoiselle de Maupin", "Capitaine Fracasse" (1 863) et "Émaux et camées" (1852).


GÉRARD DE NERVAL (de son vrai nom Gérard Labrunie) (Paris 1808 - id 1855), mort à 47 ans : Au collège Charlemagne, il est le condisciple de Théophile Gauthier. En 1836, Gérard s'éprend d'une actrice Jenny Colon qui deviendra dans son œuvre Aurélie ou Aurélia. Cette passion malheureuse va avoir des conséquences terribles pour l'auteur = folie. Au cours d'un voyage en Orient en 1843, l'auteur se passionne pour tous les cultes ésotériques orientaux inspirés par la croyance à la métempsychose (= réincarnation des âmes). II est traité pour son mal-être dans une maison de santé en avril 1833, puis entre chez le docteur Blanche à Passy; il y fera un dernier séjour d'août à octobre 1854. Un matin de janvier 1855, on retrouva l'auteur pendu dans la rue de la Vieille-Lanterne, près de Châtelet.

- FANTAISIE -

II est un air, pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui, pour moi seul, a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C'est sous Louis XIII... Et je crois voir s'étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit,
(...)

MARCELINE DESBORDES-VALMORE (Douai 1786 - 1859), mort à 73 ans

SAINTE-BEUVE (1804 - 1 869), morte à 65 ans


GEORGES SAND (Aurore Dupin dit) (Paris 1 804 - Nohant, Indre 1869), morte à 65 ans : Par sa grand-mère paternelle, Mme Dupin de Francueil, elle descend de Maurice de Saxe. Elle passe son enfance au château de Nohant. Elle est mariée à Casimir Dudevant, duquel elle se séparera en 1836. Elle devient la maîtresse de Jules Sandeau (1831 - 1832) et écrit avec lui un roman intitulé "Rosé et Blanche" (1831). Elle publie sous le pseudonyme de Georges Sand "Indiana et Valentine" (1832) et "Valentine" (1832), puis "Leila" (1833). Elle se lie à Musset durant l'été 1833, l'accompagne à Venise, mais le délaisse pour le médecin Pagello. Elle compose des romans passionnels ("Mauprat". 1837), mais sous l'influence de Pierre Leroux, s'enthousiasme pour les idées socialistes. Elle publie alors des romans qui reflètent son mysticisme humanitaire : "Spiridion" (1838), "le Compagnon du tour de France" (1840), "Consuelo" (1844 - 1845), "le Péché de Monsieur Antoine" (1847). En cette année prend fin la longue liaison qui l'unissait à Chopin depuis leur séjour à Majorque en 1 838. Elle prend part aux journées révolutionnaires de 1848, mais se retire de la vie politique après les journées de Juin. Elle va vivre désormais à Nohant, qui lui a déjà inspiré des romans champêtres ("la Mare au diable", 1846 ; "François le Champi", 1848) et où elle va écrire "la Petite Fadette", (1849) et "les Maîtres sonneurs", (1853).

HONORÉ DE BALZAC (Tours 1799 -Paris 1850), mort à 51 ans : Son enfance, qui se passe hors du milieu familial, est marquée par six années d'études au collège Vendôme (1807 - 1813). Il proclame en 1819 sa vocation littéraire, et fait paraître sous divers pseudonymes quelques romans noirs. Cet échec dans l'imprimerie et l'amour d'une femme (Laure de Berny) déterminent son retour définitif à la littérature. En 1829 paraît le premier roman signé Honoré de Balzac : "les Chouans". En 1832 débute un long "drame d'amour" avec "l'Étrangère" la comtesse polonaise Eveline Hanska (1800 -1882). A partir de 1835, d'autres chefs-d'œuvre ("le Lys dans la vallée". 1835 et "Illusions comiques" = "la Comédie humaine" puis suivront "la Cousine Bette" (1846) et "le Cousin Pons" (1847).


STENDHAL (Henri Beyle dit) (Grenoble 1783 - Paris 1842), mort à 59 ans : II devient en 1799 le secrétaire de son cousin Daru, futur ministre de Napoléon, qui l'emmène à Milan en 1800. Son talent commence à se manifester dans le premier ouvrage qu'il signe du nom de Stendhal : "Rome, Naples et Florence" (1817). Mais en 1821, devenu suspect à la police autrichienne, il doit quitter Milan, se séparer de celle qu'il aime, Métilde Dembowska, et regagner Paris.

Parmi ses nombreuses œuvres, on peut citer : "le Rouge et le Noir" (1830), "la Chartreuse de Parme" (1839) et "Lucien Leuwen" (1855).


PROSPER MÉRIMÉE (Paris 1803 - Cannes 1870), mort à 67 ans : II publie en 1825 "le Théâtre de Clara Gazai", recueil de pièces qu'il prétend avoir traduites de l'espagnol, et, en 1827, "la Guzla", autre supercherie littéraire, recueil de prétendues ballades illyriennes. Puis il suit la mode romantique en donnant un roman historique, "Chronique du règne de Charles IX" (1829). Il commence aussi à publier les nouvelles qui vont constituer la partie la plus originale de son œuvre : "Malcone Falconne" (1829), "Tamango" (1829), "le Vase érotique" (1830). Puis il publie ses deux meilleurs romans : "Colomba" (1840) et "Carmen" (1845). Il entre à l'Académie française en 1844.


Résumé de l'œuvre "Colomba" : Quelques années après Waterloo, un lieutenant corse en demi-solde, Orso Délia Rebbia, regagne son pays natal. Pendant la traversée, il a fait la connaissance d'un colonel irlandais et de sa fille, miss Nevil, dont il s'est épris. Mais dans son village de Pietranera, au nord de Bastia, il trouve une atmosphère dramatique d'état de siège, entretenue par sa sœur Colomba. Leur père, le colonel delia Rebbia, a été assassiné : l'enquête a conclu à la culpabilité d'un bandit tué peu après, mais d'après Colomba l'assassin est le chef d'une famille rivale, l'avocat Barricini, et elle n'omet rien pour exciter Orso à la vengeance. Orso est un brave, mais il considère la vendetta comme une survivance barbare; ses années de service lui ont appris le respect de la discipline et de la légalité; en outre son amour est en jeu, et la pensée de Lydia Nevil l'aide a résister à l'influence de Colomba ; enfin et surtout il ne peut croire à la culpabilité des Barricini. Le préfet tente de rétablir la paix entre les deux familles, lorsqu'un bandit mandé par Brandolaccio, apporte des révélations accablantes pour les Barracini. A la suite d'une scène violente, Orso provoque en duel un des fils de son ennemi, Orlandiccio, qui refuse ce combat loyal. Alors Colomba intervient de nouveau.


GUSTAVE FLAUBERT (Rouen 1821 - Croisset, près de Rouen 1880), mort à 59 ans : Très jeune, il se sent une vocation d'écrivain, mais il commence ses études de droit à Paris, où il se lie d'amitié avec Maxime Du Camp. Dès 1844, des troubles nerveux l'obligent à interrompre ses études et à vivre à la campagne, à Croisset, près de Rouen, où il écrit des œuvres longuement mûries. Parmi ses œuvres, on peut citer : "Madame Bovary" (1862), "l'Education sentimentale" (1869) et "Salambô" (1870). Après sa mort, on a publié son dernier roman intitulé "Bouvard et Pécuchet" (1881).


EMILE ZOLA (Paris 1840 - id 1902), mort à 62 ans : II passe son enfance à Aix-en-Provence, où il noue une profonde amitié avec Paul Cézanne. Parmi ses nombreuses œuvres, il faut noter : "Edouard Monet" (1867) et "Thérèse Raquin" (1867). Il entreprend une grande œuvre cyclique : les Rougon-Macquart : "la Fortune des Rougon" (1871) (premier volume), "le Docteur Rougon" (1893) (21ème = dernier), "l'Assomoir" (1877), "Nana" (1880), "Au bonheur des dames" (1883), "la Terre" (1887) etc.


PAUL VERLAINE (Metz 1844 - Paris 1896), mort à 52 ans : II débute par une carrière banale de "poète-fonctionnaire", fréquente les salons, collabore au "Parnasse contemporain" où il s'affirme républicain. L'amour malheureux pour sa cousine Elisa, morte en 1867, l'influence de Baudelaire, l'alcoolisme le plongent dans un désarroi moral que trahissent "les Poèmes saturniens" (1866) et "les Fêtes galantes" (1869). La guerre et la rencontre de Rimbaud bouleversent sa vie. De retour à Bruxelles après un voyage à Londres, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud, qui veut se séparer de lui. Dans toute son œuvre, il faut retenir "les Poètes maudits" (1884) et "Hombres" (1904).


Mon rêve familier


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.


Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les rafraîchir, en pleurant.


Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l'ignore.

Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aines que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

 L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

ARTHUR RIMBAUD (Charleville 1854 - Marseille 1891), mort à 37 ans : A seize ans, il compose des poèmes qui révèlent un génie d'une étrange précocité ("le Bal des pendus" ou "le Bateau ivre". Il vient à Paris en 1871, fait la connaissance de Verlaine et va vivre avec lui en Angleterre et en Belgique en 1872. A Bruxelles, au moment où il veut quitter Verlaine, celui-ci le blesse d'une balle de revolver en 1873. A 19 ans, avant d'entrer dans le silence, il publie une série de poèmes en prose "Une saison en enfer" (1873). Après de nombreux voyages, il revient en France et meurt à l'hôpital de Conception à Marseille.


Le bateau ivre


Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs (...)



STÉPHANE MALLARMÉ (Paris 1842 - Valvins, Seine-et-Marne 1898), mort à 56 ans : Les nécessités de la vie le contraignirent à devenir professeur; il enseigna durant trente ans l'anglais à des lycéens de province, puis de Paris. Le premier "Parnasse contemporain" paru en 1866, contenant dix de ses poèmes, ne lui apporta même pas une petite notoriété, pas plus que la scène d'"Hérodiade". publiées en 1871 dans le deuxième fasicule du "Parnasse". Il donna en 1876, à très petit tirage, son "Après-midi d'un faune". En 1884, à l'âge de 42 ans, il connut brusquement la célébrité car Huysman faisait son éloge dans son roman "À rebours". Il fut le traducteur "officiel" d'Edgar Allan Poe (1809 -1849), mort à 40 ans.


GEORGES COURTELINE (Georges Moinaux dit) (Tours 1858 - Paris 1929), mort à 71 ans : II a laissé une œuvre abondante. Parmi ses récits, on peut citer : "les Gaités de l'escadron" (1886), "le Train de 8 heures 47" (1888), "Messieurs les ronds-de-cuir" (1893), "Boubouroche" (1893), "Le gendarme est sans pitié" (1899), "Le commissaire est bon enfant" (1899), "l'article 330" (1900) et "la Paix chez soi" (1903). Les quatre dernières œuvres citées sont des comédies.


GEORGES FEYDEAU (Paris 1862 - Rueil 1921), mort à 59 ans : II écrivit, soit seul, soit avec Desvallières, une série de vaudevilles : "Champignol malgré lui" (1892), "Un fil à la patte" (1894), "le Dindon" (1896), "la Dame de chez Maxim's" (1899), "la Puce à l'oreille" (1907), "Occupe-toi d'Amélie ! » (1908) etc.


EUGÈNE LABICHE (Paris 1815 - id 1888), mort à 73 ans : Dans ses vaudevilles, il prête à ses personnages, bourgeois et bien portants et bien nantis, immunisés contre le ridicule, une prudence sans panache et une philosophie terre à terre. Ses pièces les plus célèbres sont : "Un chapeau de paille d'Italie" (1851), "le Voyage de Monsieur Perruchon" (1860), "la Poudre aux yeux" (1861), "la Cagnotte" (1864) et "la Grammaire" (1867). Il entre à l'Académie française en 1880.


ANATOLE FRANCE (Paris 1844 - la Béchellerie, Saint-Cyr-sur-Loire 1924), mort à 80 ans : Fils d'un libraire du quai Malaquais, il s'adonne d'abord à la poésie. A partir de 1876, il s'oriente vers la prose et conquiert la notoriété avec "le Crime de Sylvestre Bonnard" (1881). Parmi ses autres œuvres, il nous faut retenir : "Thais" (1890), "la Rôtisserie de la reine Pédauque" (= apparition du personnage Jérôme Coignard), "le Lys rouge" (1894) (= œuvre inspirée par sa liaison avec Mme de Caillavet dont il fréquente son salon littéraire), "l'Histoire contemporaine", "les dieux ont soif" (1912) et "le Petit Pierre" (1918). Il entre à l'Académie française en 1896.


PIERRE LOTI (Julien Viaud dit) (Rochefort 1850 - Hendaye 1923), mort à 73 ans : Sa carrière d'officier marine lui fit connaître de nombreux pays de part le monde. Il écrivit dans un style impressionniste une série de romans baignés dans l'atmosphère du désenchantement : "le Mariage de Loti" (1882), "Mon frère Yves" (1883), "Pêcheur d'Islande" (1886) et "les Désenchantés" (1906). Il entre à l'Académie française en 1891.


GUY DE MAUPASSANT (château de Miromesnil, Tourville-sur-Arques, Seine-Maritime 1850 - Paris 1893), mort à 43 ans : Encouragé par Flaubert, en y publiant "Boule-de-suif". Puis il écrit des nouvelles "La_ Maison Tellier" (1881), "Mademoiselle Fifi" (1882), "Contes de la bécasse" (1883), "le Horla" (1887) et "Le_ Rosier de Mme Husson" (1888). Il écrit aussi des romans : "Une Vie" (1883), "Bel-Ami" (1885), "Fort comme la mort" (1889) et "Notre cœur" (1890). A partir de 1890 les troubles nerveux dont il souffre depuis 1884 s'aggravent et il meurt dans un état voisin de la folie.


ALFRED JARRY ( Laval 1873 - Paris 1907), mort à 34 ans : Elève surdoué. Il cherche l'absolu, la continuité de la vie dans la " Pataphysique " ( "Gestes et opinions du Docteur Faustroll." (1911), "Sciences du particulier" qui permet de trouver les solutions imaginaires aux problèmes généraux . Jarry est ainsi déjà surréaliste par sa vision du monde et non seulement, comme le voulait André Breton, par l'absinthe qui le ronge ou le curedent qu 'il réclame à son lit de mort. Mais il met moins son génie dans sa vie qu'il n'accorde sa vie et son oeuvre dans son effort pour exorciser la créature monstrueuse qui le poursuit dès l'enfance et dont il ne peut se délivrer, pas plus dans ses recueils symbolistes ("Les Minutes de sables mémorial" 1894 : "César Antéchrist" (1895) que dans son Théâtre mirlitonesque (1906): Ubu Roi (1896), né des charges écolières du lycée de Rennes, s' épanouit en type, se prolonge en Ubu Enchaîné (1900), dans « l' Almamach illustré du père Ubu » (1901) et dans « Ubu sur la butte » (1906), imposant à la langue fran&cced

Publié dans litterature.rebelle

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