LE PRINCE ERIC

Publié le par Eric Balay

écrit par Serge Dalens en 1939

PROLOGUE :

Ce récit fait partie d'un cycle de cinq romans : "Le Bracelet de vermeil", "la tâche de vin", "La Mort d'Eric" et « Eric le Magnifique ».


RESUME DE L'OEUVRE :

Le jeune scout orphelin, Eric, est appelé en Norvège/dans le Swedenborg, Sa patrie d'origine, où il dort succéder à son oncle le Prince, qui vient de mourir. Le premier ministre tadek profite de la jeunesse d'Eric pour lui imposer sa volonté. Eric, aidé de son page Jef, n'entend pourtant pas se laisser faire. Il invite à Swedenborg la patrouille des Loups, dont il fait partie, mais alors que ceux-ci sont en route, un mystérieux télégramme leur demande de retarder leur arrivée. Et lorsqu'enfïn ils arrivent au Palais, on leur interdit de voir Eric ; ils l'aperçoivent seulement au cours de cérémonies officielles, pâle et malade. Averti par Jef que le Prince est en danger et que tout le monde leur ment, Christian, le meilleur ami d'Eric, découvre enfin, en se souvenant d'une cicatrice, que celui qu'on leur présente n'est pas le Prince Eric ... Par ailleurs, Jef a été le témoin de l'échange du Prince contre un sosie, neveu de Tadek, appelé Yngve, qui est au bord de la mort.


Eric est enfermé dans la citadelle de Halsenoey; ses amis partent le délivrer. Ils affrontent la neige, la tempête sur la mer et... parviennent à pénétrer dans le fort après avoir, par ruse, mis hors de nuire les cinq gardes qui retiennent le Prince prisonnier. Morts de froid et de faim, ils sont ensuite recueillis dans un chalet par Katrin, qui les soigne comme une mère sans leur demander aucune explication. Jef apprend que Tadek a mis en œuvre tout un dispositif pour les retrouver. Grâce à diverses complicités, ils parviennent à regagner Swedenborg et à se glisser dans la foule venue assister au couronnement de Tadek après la mort de Yngve. Eric révèle son identité. Le roman s'ouvre sur une citation de "l'Ecclésiastique" : "Malheur à la ville dont le Prince est un enfant." Mais toute l'aventure des jeunes scouts vient détromper ce mauvais présage. L'œuvre voit le triomphe du courage et de l'amitié et honore le sacrifice d'Yngve, victime de son oncle, qui connaît son destin et l'accepte en faisant tout pour aider les Loups dans leur quête de la vérité.


EXTRAITS DE L'OEUVRE :

Les loups ont enfin droit à leur première rencontre officielle avec Eric. Celui-ci les ignore.

Un murmure d'admiration salua leur entrée dans la Salle du Trône. Eternel prestige de la jeunesse... Massés sur le passage du Prince, l'émotion faisait battre leurs cœurs. Pour un sourire d'Eric, ils auraient tout oublié. Comptait seulement cette porte à deux battants qui s'ouvrirait devant lui. La voix d'un huissier, la foule subitement inclinée, un enfant pâle entouré de soldats, six petits pages portant la traîne d'un manteau noir, des torches enrubannées, il passe, il est passé. Christian serra les poings : Eric ne l'avait pas regardé. Le cortège s'arrêta sur les marches du trône. Le Conseiller, toque blanche, aiguillettes d'argent, prit la droite du Prince. Le défilé commença. Les hommes effleurèrent de leurs lèvres trois doigts tendus, les femmes plongèrent en une révérence profonde. Eric souriait sans rien dire. Un pauvre sourire lassé.

Eric, dans sa prison, commence à désespérer de voir arriver ses amis

Naturellement il avait cherché à s'enfuir. Mais il était solidement enfermé. En posant l'escabeau sur la table, il manquait près d'un mètre pour atteindre la lucarne. Signaler sa présence avec une torche, inutile d'y songer, on ne lui laisse aucune lumière. A peine un triste feu dans le poêle.

Corrompre le gardien ? Les pires moqueries répondirent à ses promesses. Alors il ne restait plus qu'à prier. Prier, changer, espérer. Toujours espérer, toujours ... Les autres pouvaient l'oublier, le Seigneur finirait bien par se souvenir. Parfois, il évoquait Christian perdu dans les souterrains de Birkenwald. Christian qu'il avait abandonné, alors qu'il tenait les clefs de sa délivrance. Voilà que la situation était presque semblable ... Mais aujourd'hui, Christian ne savait où on l'avait emmené. Il était révolu, le temps du Bracelet ... Les jours raccourcissaient sans cesse. Décembre s'achevait.

Au jour du couronnement de Tadek. Eric surgit de la foule et fait éclater la vérité

Un silence terrible. Des milliers d'yeux braqués vers celui qui vient de prononcer ces

paroles. Les gens s'écartent, il est seul au milieu d'un grand cercle. Son manteau

glisse : l'Ange de la Résurrection.

Le Conseiller frémit.

Eric marche sur lui.

(...)

- Qu'on arrête cet imposteur !

Le prince dort son dernier sommeil.

- Personne ne bouge.

- Monsieur de Kertad, reprend Eric, veuillez venir ici. Monsieur Ralfsen, approchez, je vous prie, et dites qui je suis.

- Vous êtes le Prince de Swedenborg, notre Prince légitime. On vous a jeté au cachot, on a enterré un fantôme. Je le jure sur l'Evangile.

- Et moi aussi, je le jure ! fait Jef. Le Prince n'est pas mort.

Publié dans litterature.rebelle

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