Eluard Paul

Publié le par Eric Balay

 LA VIE IMMEDIATE
écrit par Paul Eluard


BIOGRAPHIE :

PAUL ELUARD dit Eugène Paul Grindel (Saint-Denis 1895 -Charenton-du-Pont 1952), mort à 57ans, est un des poètes du groupe surréaliste (cf. Capitale de la douleur, écrit en 1926). Il s'engagea très tôt dans la Résistance (cf. Poésie et vérité. ), puis au parti communiste (cf. Une leçon de morale écrit en 1949), sans jamais abandonner une conception plastique de l'existence (cf. les Yeux fertiles, Donner à voir et le Dur Désir de durer).



PROLOGUE :

II fut l'un des fondateurs du groupe surréaliste et un ami de peintres tels que Salvador Dali, Max Ernst ou de Pablo Picasso. Considéré comme l'un des poètes français majeurs du XXème siècle, il fut avant tout le chantre de l'Amour et de la Femme. Trois inspiratrices se sont succédées dans sa vie : Gala, qui deviendra la femme de Dali, Nush, qui mourra en 1946, et Dominique, la compagne de ses dernières années.




RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :

Le recueil semble disparate : composé dans un premier temps de petits poèmes d'amour en vers, il se poursuit par une réflexion en prose et enfin par des textes dédiés à des peintres contemporains. A la lecture de ce recueil, la surprise vient de ce que la femme n'est jamais nommée, toujours absente, et le désir du poète (sujet d'inspiration des surréalistes). Elle est néanmoins présente dans le rêve et le désir du poète. Magnifiée dans sa sensualité et dans sa féminité, elle est le symbole d'une quête : Femme avec laquelle j'ai vécu / Femme avec laquelle je vis / Femme avec laquelle je vivrai / Toujours la même." C'est à la femme que l'auteur est fidèle, et c'est à la fidélité qu'il élève un hymne.


Ses poèmes le conduisent à une réflexion sur l'amour, dont il dégage les émotions élémentaires par un langage simple. L'amour et la poésie sont les deux faces d'un même mystère, celui de la création. Le poète ne crée qu'en aimant et n'aime que pour créer. Par les thèmes qu'il traite, Eluard reste fidèle à la tradition poétique française : sa force est de montrer la profondeur du secret de l'amour et de célébrer son évidence.



COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

De l'expérience surréaliste, Eluard retient surtout qu'elle fait surgir la parole de l'inconscient. Cette parole ici est simple, réduite parfois à un seul mot ; le poème est en vers libres ou en prose, toujours dit sur le ton de l'évidence. La force du recueil est d'être spontanée ; ce sont des chants d'amour écrits sous le coup de l'émotion. Le poète ne cherche pas ses mots; ils surgissent naturellement, et il leur donne le champ libre. Le poète est donc plein d'émerveillement d'ailleurs et qui lui semble venir d'ailleurs et qui est au plus profond de lui-même. Aussi le rêve et le désir s'épanouissent-ils sans obstacle et permettent-ils de découvrir les mécanismes intimes du langage. De l'ensemble de ce recueil se dégage une impression de fluidité. Ainsi, en exaltant l'amour pris dans l'instant, c'est autant la poésie que l'auteur loue pour immédiatité.




EXTRAITS DE L'OEUVRE :

Le poète vénère la femme aimée : il traverse le cosmos pour "venir à elle"


La saison des amours

Par le chemin des côtes
Dans l'ombre à trois pans d'un sommeil agité.
Je viens à toi la double la multiple
A toi semblable à l'ère des deltas.

Ta tête est plus petite que la mienne
La mer voisine règne avec le printemps
Sur les étés de tes formes fragiles
Et voici qu'on y brûle des fagots d'hermines

(...)

Par les chemin des côtes
Et sans le talisman qui révèle
Tes rires à la foule des femmes
Et tes larmes à qui n'en veut pas.

Parlant des femmes, le poète parlé de celle qu'il aime, l'alliant intimement à lui à la fin du poème

Amoureuses

elles ont les épaules hautes
et l'air malin
Ou bien des mines qui déroutent
La confiance est dans la poitrine
A l'hauteur où l'aube se lève
Pour dévêtir la nuit.

(...)

Il faut les croire sur baiser
Et sur parole et sur regard
Et ne baiser que leur baiser
Je ne montre que son visage
Les grands orages de ta gorge
Tout ce que et tout ceux
J'ignore.
Mon amour ton amour ton amour
Ton amour



Icl. Eluard écrit un hymne à la fidélité, fidélité à la femme absente

Et dans l'unité d'un temps partagé, il y eut soudain tel jour de telle année que je ne pus accepter. Tous les autres jours, toutes les autres nuits, mais ce jour-là j'ai trop souffert. La vie, l'amour avaient perdu leur point de fixation. Rassure-toi, ce n 'est pas un profit de quoi que ce soit de durable, que j'ai désespéré de notre entente. Je n'ai pas imaginé une autre vie, dans d'autres bras. (...)


J' ai dit à des femmes que je n'aimais pas que leur existence dépendait de la tienne. Et la vie, pourtant, s'en prenait à notre amour.


Publié dans litterature.rebelle

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