Feydeau Georges

Publié le par Eric Balay

 OCCUPE-TOI D'AMELIE
écrit par Georges Feydeau et joué en 1908


BIOGRAPHIE :

GEORGES FEYDEAU (Paris 1862 - Rueil 1921), mort à 59 ans, écrivit soit seul ou avec Desvallières, une série de vaudevilles qui sont les chefs-d'œuvre du genre : Champignol malgré lui écrit en 1892, Un fil à la patte écrit en 1894, Le dindon écrit en 1896; La Dame de chez Maxim écrit en 1899, La Puce à l'oreille écrit en 1907, Occupe-toi d'Amélie ! écrit en 1908, Mais n' te promène donc pas toute nue écrit en 1912.


PROLOGUE :

Occupe-toi d'Amélie, pièce en trois actes et quatre tableaux, fut créé à Paris le 15 Mars 1908 au théâtre des Nouveautés. Ce vaudeville est généralement considéré comme le chef-d'œuvre de Georges Feydeau.


Les indications de mise en scène, comme les décors, sont chez Feydeau l'objet de descriptions détaillées. Ici, notamment, le "truc" de la couverture, à l'acte II, est longuement expliqué avec force précisions mécaniques...


RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :

Marcel Courbois, un jeune noceur désargenté, imagine tout un stratagème pour récupérer l'héritage que son père a confié par prudence à son parrain - ce dernier étant chargé de le remettre à son neveu sitôt celui-ci marié. Marcel, espérant donc tromper son parrain, lui écrit pour lui annoncer son mariage, fictif bien sûr; mais, par malchance, le parrain ému, débarque à Paris pour voir la fiancée. Affolement de Marcel, qui obtient alors de son meilleur ami, Etienne, que sa maîtresse, Amélie, joue le rôle de la fiancée jusqu'au départ du parrain. Après quoi, Etienne, obligé de s'absenter, confie Amélie à son ami Marcel ("Occupe-toi d'Amélie" lui dit-il) - mais ces derniers, plus ou moins innocemment, se retrouvent un matin dans le même lit. Le parrain, revenu exprès pour assister au mariage, les surprend tous deux et conte naïvement la chose à Etienne, qu'il prend poyj un cousin. Le "cousin", furieux, décide de se venger : il organise te mariage d'Amélie et de Marcel, destiné à abuser le parrain : mais au lieu du canular promis, c'est un vrai mariage qui a lieu. Marcel, d'abord désespéré de la chose, reprend confiance en imaginant une nouvelle ruse, cette fois pour divorcer. Son parrain lui ayant entre temps remis l'héritage, il "rend" Amélie à Etienne, et tout finit donc pour le mieux.



COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

L'ingéniosité de l'auteur se manifeste dans son art de mener plusieurs intrigues de front, tout en tirant de leur étroite imbrication un grand ressort comique. A partir de quelque données, la pièce se déroule avec une logique implacable, les situations découlant nécessairement les unes des autres - ce qui a valu à Feydeau le surnom "d'horloger du théâtre"... La fantaisie est réservée aux dialogues : jeux de mots, calembours et plaisanteries sans nombre les émaillent sans cesse. Quant aux personnages, san être d'une psychologie profonde, ils sont vivement et drôlement croqués par l'auteur. Tout cela fait de Feydeau le roi incontesté du vaudeville.


EXTRAITS DE L'ŒUVRE :

La rencontre du parrain belge et de la fausse fiancée

AMÉLIE, très jeune fille du monde : Monsieur Marcel nous avait annoncé votre venue, monsieur, et nous vous attendions avec impatience !

VAN PUTZEBOUM, flatté : Tenez ! Tenez !
AMELIE, à Pochet : N'est-ce pas ?

POCHET : Ah ? ... Comme l'avenue de Messine !

VAN PUTZEBOUM : Ah ! Bien ça, ça c'est gentil, savez-vous ! ...
Gotferbeck, petit, je te félicite ! Ça est un beau brin tout de même !
AMELIE, baissant les yeux : Oh ! monsieur.

VAN PUTZEBOUM : Oui, oui ! je dis comme ça est !
MARCEL : N'est-ce pas ?
VAN PUTZEBOUM : Eh ! sûr donc ! (Se tournant vers Pochet) N'est-ce pas, monsieur ?

PPCHET, modeste : Ben ... c'est ma fille.
VAN PUTZEBOUM : Ouyouyouye ! Oui ? Eh bien ! je te complimente !... Vous savez faire, savez-vous.
POCHET, même jeu : On s'est mis à deux, je vous dirai !
VAN PUTZEBOUM, avec un gros rire : Ouie, ça je pense ! ... On

s'est mis à deux ! (se tournant inconsidérément vers Amélie) On s'est mis d... (S'arrêtant, interdit, et bas à Pochet) Oh ! Oh ! devant elle... Gotferdom !

Acte I, Scène 12



Quiproquo : le parrain, prenant Etienne pour un cousin, lui apprend que les deux (faux) fiancés ont "déjà profité"...

VAN PUTZEBOUM : Mais parcequ'il ne peut plus attendre, donc ! et la petite aussi ! ...(ravi). Et, que les tourtereaux, ils ont déjà profité, sûr !

ETIENNE, bondissant : Qu'est-ce que vous dites ?

VAN PUTZEBOUM : ... Même que tout à l'heure, je les ai trouvé couchés dans le lit, là !...

ETIENNE : Dans le lit !

VAN PUTZEBOUM : Oui... Elle est fameuse ! Hein ?

ETIENNE, éclatant : Ah ! N ... De D ...!

VAN PUTZEBOUM, faisant un bond en arrière : qu'est ce qu'il y a ?

ETIENNE, le saisissant au collet et le secouant comme un prunier : Vous les avez trouvés couchés dans le lit ? ...Vous les avez trouvés couchés dans le lit ? ...

VAN PUTZEBOUM, cherchant à se dégager : Hein ! Mais laissez moi !...

ETIENNE, même jeu : Vous les avez trouvés ...

VAN PUTZEBOUM, se dégageant d'un gest brusque : Mais qu'est-ce que ça vous fait donc ?

ETIENNE, remontant avec rage : Ah ! les cochons ! les cochons ! les cochons !

Acte II, scène 13

Publié dans litterature.rebelle

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