Victor Hugo

Publié le par Eric Balay

BIOGRAPHIE:



VICTOR HUGO ( Besancon, 1802 - Paris 1885 ) mort à 83 ans, est un poète de concours de 1817 à 1830, bien doué, bien pensant et monarchiste. Il publie en 1822 Odes et Poésies diverses, quatre mois avant d'épouser Adèle Foucher, et dès cette époque se manifeste la fécondité de son inspiration. En 1823 paraissent les Nouvelles Odes et un roman, Han d'Islande. Les événements politiques de 1830, la mésentente conjugale, la liaison avec Juliette Drouet en 1833 déterminent de profonds changements dans les idées et dans la sensibilité de l'écrivain, qui s'affirme de plus en plus comme le chef du mouvement romantique. Recueils lyriques, pièces de théâtre et romans se succèdent : en 1830 paraît le drame Hernani: le drame Manon de Lorme, le roman Notre-Dame de Paris; en 1832. le drame Le Roi s'amuse, en 1833, les drames Lucrèce Borgia et Marie Tudor: en 1838, Ruy Blaset en 1841, la gloire du poète se trouve consacrée par son élection à l'Académie française.


Après le récit de son voyage sur Le Rhin en 1842. l'échec du roman Les Burqraves écrit en 1843 marque le terme de sa carrière dramatique. La mort accidentelle de sa fille Léopoldine, le 4 Septembre 1843, le rôle presque officiel qu'il joue à la cour de Louis-Philippe le détournent de toutes créations nouvelles. Cependant les événements de 1848 le sortent de sa torpeur. Emu par les souffrances du peuple, Hugo se fait républicain. L'hostilité qu'il affiche contre Napoléon III le fait exiler en 1852. Sensible à tous les événements, enflammé par l'indignation, Hugo a retrouvé son génie et va composer la partie la plus personnelle et la plus riche de son œuvre à Jersey, puis, à partir de 1855, à Guernesey. De cette époque datent les trois grands monuments de son œuvre poétique : Les Châtiments écrit en 1853, Le contemplations écrit en 1856 et La Légende des siècles écrit en 1859. ainsi que Les Chansons des Rues et des -Bois écrit en 1 865 et trois romans : Les Misérables écrit en 1862, Les Travailleurs de la mer écrit en 1866 et L'homme qui rit écrit en 1869- Dès le 4 septembre 1870. Hugo revient en France. Symbole de la résistance républicaine à l'Empire, il va être un personnage officiel : député de Paris, puis sénateur en 1876, il est reconnu comme l'écrivain le plus prestigieux de son siècle, il publie en 1872 L'année terrible. en 1874, en 1875-1876 Actes et paroles, en 1877-1878 L'art d'être grand père, la "seconde . série" de la Légende des siècles et Histoire d'un crime. A partir de 1878. il ne compose presque plus, mais continue a publier des œuvres qu'il n'avait pas encore pu faire paraître : La Pitié suprême paru en 1879, Les quatre vents de l'esprit paru en 1881, Torquemada paru en 1882. Apres sa mort, de nombreuses œuvres ont été publiées par ses héritiers, comme Le théâtre en liberté et La fin de Satan. Hugo a laissé de nombreux lavis de sepia ou d'encre de Chine, où l'on retrouve ses dons de visionnaire.






LES FEUILLES D'AUTOMNE


RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :

Ce recueil est le deuxième ouvrage poétique de Victor Hugo, soit 2 ans après les Orientales. Le titre marque d'emblée ia volonté de l'auteur de composer une œuvre grave où la méditation tient le rôle principal. C'est sans doute pourquoi on a pu qualifier ce recueil d'œuvre de la maturité du poète. Les premiers poèmes sont consacrés à l'enfance et au passé, occasion «d'évoquer ses parents". Puis le poète sïnterroge sur les changements du monde, sur cette succession de rois au trône de

France. Paradoxalement, les feuilles d'automne est consacré au moment de la Monarchie de Juillet. Mais loin d'en saluer les vertus du rajeunissement, Hugo laisse entrevoir ses doutes; incertitude qu'accentuera le recueil Les Chants du crépuscule. Parmi les nombreux et beaux poèmes d'une veine plus intime où l'auteur s'épanche, quelques pièces émergent où Hugo fait allusion à sa vocation de mage, annonçant le poète visionnaire de La Légende des siècles.



COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

Dans la préface des Orientales. Hugo affirmait que 'l'espace et le temps sont au poète."


Les Feuilles d'automne parait s'inscrire à son tour dans cette conception du rôle du poète.Toutefois, sa voix, cette voix polyphonique, dotée du pouvoir et du droit de prendre la parole, se lance ici dans un nouveau type d'investigation. "Génie lyrique, être soi, génie dramatique, être les autres", écrit Hugo. Il s'agit désormais de définir un nouveau rapport poétique du moi à son destinataire quel qu'il soit, femme, ami, Dieu ou la nature. Le recueil est dès lors conçu comme un arrangement de voix, une symphonie à l'image même du monde auquel il appartient. Il faut dire à la fois soi-même et le monde, en employant des formes éprouvées où des thèmes identifiables par tous et dans lesquels chacun peut se reconnaitre en même temps que découvrir l'histoire d'un Hugo aux prises avec l'Histoire. Le recueil Feuilles d'automne est essentiel car il contient en germe l'oeuvre poétique ultérieure de l'auteur, parce qu'il marque un tournant dans la création de Hugo.




EXTRAITS DE L'OEUVRE


Hugio conjugue son histoire avec l'Histoire


Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,

Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,

Et du premier consul, déjà, par mainte endroit.

Le front de l'empereur brisait le masque étroit.

Alors dans Besancon, vieille ville espagnole,

jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,

Naquit d'un sang breton et lorrain a la fois

un enfant sans couleur, sans regard et sans voix;

Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,

Abandonné de tous, excepté se sa mère,

Et que son cou ployé comme un frêle roseau

Fit faire en même temps sa bière et son berceau.

Cet enfant que la vie effaçait de son livre,

Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,

C est moi.



Le poème le plus important sans doute du recueil s'intitule La pente de la rêverie. L'auteur dévoile ce "monde entier" contenu dans "l'esprit sombre du poète'


Les deux pôles ! Le monde entier ! La mer, la terre,

Alpes aux fronts de neige, Etna au noir cratère,

Tout à la fois automne, été, printemps, hiver,

Les vallons descendant de la terre à la mer

Et s y changeant en golfe, et des mers aux campagnes

Les caps épanouis en chaînes de montagnes,

Et les grands continents, brumeux, verts ou dorés,

Par les grands océans sans cesse dévorés,

Tout, comme un paysage en une chambre noire

Se réfléchit avec ses rivières de moire,

Ses passants, ses brouillards flottant comme un duvet,

Tout dans mon esprit sombre allait, marchait, vivait !



Hugo exprime la place privilégiée qu'il accorde à la contemplation

Le lendemain, pour voir le soleil qui s'incline,
J'avais suivi mon père en haut de la colline
Qui domine Paris du côté du Levant,
Et nous allions tous deux, lui pensant, moi rêvant.


Cet homme en mon esprit restait comme un prodige,

Et, parlant à mon père : "ô, mon père, lui dis-je,

pourquoi notre Empereur, cet envoyé de Dieu,

Lui qui fait tout mouvoir et qui met tout en feu

A-t-il ce regard froid et cet air immobile ? »






RUY BLAS

écrit par Victor Hugo en 1838


PROLOGUE :

Le sujet de l'œuvre vint à l'auteur après la lecture des Confessions de Rousseau, où celui-ciraconte comment il s'éprit, en la servant à table, de la jolie Mademoiselle De Breuil, petite fille du comte de Couvon, chez lequel il était laquais à Turin.


RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :

Don Salluste, exilé par la reine d'Espagne pour avoir séduit et refusé d'épouser une suivante, ne songe qu'à se venger. Ayant surpris l'amour que porte son laquais, Ruy Blas, à la reine, il décide de le faire passer pour son cousin, don César de Bazan, et de l'introduire à la cour. Ruy Blas, gagnant les faveurs de la reine, gravit rapidement les échelons, devenant premier Ministre, mais sutout amant de cette dernière. Tout d'abord ravi par le bon déroulement de son plan, don Salluste déchante vite lorsqu'il s'aperçoit que Ruy Blas, s'employant aux affaires de l'Etat, se prend à son personnage et acquiert de ce fait une grande popularité. Il intervient alors, se servant du nom de don César pour donner rendez-vous à la reine, à qui il dévoile toute l'intrigue, la sommant d'abdiquer et de partir avec don César. Cependant ce dernier révèle sa propre identité à l'instant où la reine va signer; et, pour la sauver et la venger, il tue don Salluste puis s'empoisonne au moment où la reine revenait sur sa décision et lui accordait le pardon.



COMMENTAIRE DE L'OEUVRE :

Cette pièce est une œuvre remarquable, même si l'action est pour le moins invraisemblable. Seul drame d'Hugo qui figure encore au répertoire. Ruv Blas doit son succès à son style éclatant. Hugo, qui revient au vers après avoir écrit trois drames en proses, impose dans cette pièce sa conception de la dramaturgie, qu'il avait définie dans la préface de Cromwell, où il prônait un "vers franc, libre, loyal, osant tout dire sans pruderie." Dans cette pièce révolutionnaire par son sujet, Hugo est fidèle à ses ambitions de dramaturge. Il veut un théâtre populaire, humain, et naturel prolongeant le mouvement de 1789 et recueillant l'héritage de la Révolution française. Le valet, ainsi revêtu des habits du maître, triomphe à la cour, bafouant et ridiculisant la hiérarchie, proclamant la victoire du peuple.



Publié dans litterature.rebelle

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