Arthur RIMBAUD

Publié le par Eric Balay

OEUVRES POETIQUES

écrit par Arthur Rimbaud


BIOGRAPHIE :

ARTHUR RIMBAUD (Charleville1854- Marseille 1891), mort à 37 ans, le 28.08.1870, organise sa première fugue à Paris. Au cours de ces nombreux vagabondages, écrit des poèmes comme "Le dormeur du Val", "Le Bal des Pendus" et "Le Bateau ivre". En 1871, il vint à Paris où il fit la connaissance de Verlaine et va vivre avec lui en Angleterre et en Belgique. A Bruxelles, au moment où il veut quitter Verlaine, celui-ci le blesse d'une balle de revolver en 1873. A 19 ans, avant d'entrer dans le silence Rimbaud publie une série de poèmes en prose, "Une Saison en enfer" publié en 1873. Désormais, il va mener une vie aventureuse. Il voyage en Allemagne, en Italie en 1875, aux îles de la Sonde en 1877, à Chypre en 1879. A partir de 1880, il fait du commerce au Harar et offre ses services à Ménélik. Il revient en France, mais doit subir l'amputation d'une jambe. Il meurt à l'hôpital de la Conception en 1891 au moment où le public entrevoit l'importance de son œuvre. En 1886, la revue la Vogue avait publié son recueil d'Illuminations composé de proses poétiques et de vers libre . L' œuvre de Rimbaud a exercé une grande influence sur l'évolution de la poésie. Les surréalistes l'ont revendiqué comme leur précurseur.




PROLOGUE :

Arthur Rimbaud lit Charles Baudelaire en 1870. Il s'enthousiasme pour les dernières lignes des Fleurs du mal qui proposent un pari au poète : "Plonger au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau". Il reprend la formule à son compte, met au-dessus de tout cette exigence de modernité.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :

Les premiers poèmes de Rimbaud se partagent entre la révolte contre le mal et la rêverie provoquée par l'errance. L'adolescent comprend vite que l'imprécation est inéfficace et qu'il faut donner à la poésie un destin plus noble, celui de "changer la vie". Dans le Bateau ivre, il décrit symboliquement sa quête d'un nouvel univers mais il pressent déjà la fragilité de ses illusions. Aussi tente-t-il de renouveler sa vision poétique par des expériences hardies : délire, alcoolisme et débauche. Une saison en enfer est un témoignage de son existence maudite; il se résoud à reconquérir un équilibre par le travail poétique : Les illuminations montrent que le poète se crée un univers hallucinant fait d'images où il se meut avec une liberté enivrante. Comme il l'avait écrit à la fin d'Une saison en enfer dans un adieu pathétique. Rimbaud trouve son accomplissement poétique dans le silence; il ne crée plus rien jusqu'à sa mort.


COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :

La démarche de Rimbaud s'applique d'abord au langage qu'il faut "fouiller" avec frénésie, dérégler, pour qu'il retrouve son effet de surprise, de paradoxe et de jaillissement. La rupture entraîne avec elle les sarcasmes systématiques, la provocation, pourtant sa recherche est bien "mystique" en ce sens qu'elle poursuit l'absolu. Il veut acquérir des pouvoirs de démiurge (nom du Dieu créateur de l'âme du monde dans la philosophie platonicienne) pour toucher l'âme universelle. Arthur Rimbaud invente une poétique de la discontinuité faite d'instantanés; ce sont des images insolites mais l'esprit du lecteur, déconcerté, se laisse entraîner par l'imagination et la splendeur du vocabulaire qui exercent un prestige envoûtant. Nombre de poèmes ne renvoient à rien d'autre qu'à l'arbitraire d'un imaginaire délirant; avec Rimbaud, la littérature s'écarte de son rôle de gardienne du Sens pour instaurer un non-Sens perturbateur, angoissant et obsédant qui ouvre la voie du surréalisme.


EXTRAITS DE L'OEUVRE :

Dans un de ses premiers poèmes. Rimbaud fait un paraléisme entre l'errance et la poésie

Ma Bohème

Je m'en allais, les poings dans les poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal,
J'allais sous le ciel. Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de Septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !




Par le poème Voyelles, Rimbaud rend sensible les associations de différents ordres sensoriels


A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles.
Je dirai quelques jours vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles.

Golfes d'ombre; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances de glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombrelles ;
I, pourpres, sang craché, rire de lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;
U, cycles, vibrements divins des mers viriles
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux;
O suprême clairon plein de strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !



Publié dans litterature.rebelle

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