Eugène SUE

Publié le par Eric Balay

LE JUIF ERRANT
écrit par Eugène Sue et paru en 1844

BIOGRAPHIE

MARIE-JOSEPH DIT EUGENE SUE (Paris 1804 - Annecy-le -Vieux 1857), mort à 53 ans, commença par raconter ses souvenirs de marin dans La Salamandre écrit en 1832, puis se tourna vers le roman mondain. Ayant perdu les sympathies du faubourg Saint-Germain à la suite de la publication de Mathilde ou mémoires d'une Jeune femme écrit en 1841 ; il se tourna vers le roman-feuilleton et la description des bas-fonds. Le succès des Mystères de Paris écrit entre 1842 et 1843 et du Juif errant écrit entre 1844 et 1845 lui valut d'être élu député en 1848.


PROLOGUE :

Le personnage du juif errant est issu d'une tradition chrétienne millénaire : il s'agit d'un juif destiné à errer éternellement sans aucune chance de pardon. Cette punition divine est justifiée par le fait qu'il refusa de donner à boire au Christ sur le chemin de croix. Dans son récit, l'auteur, contrairerment à la tradition, accorde à Samuel la rédemption après un long parcours de pénitence.


RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :

Le fil conducteur de l'œuvre est une affaire compliquée d'héritage. Les sept derniers membres de la famille Rennepont, qui sont de conditions très différentes, doivent se partager la fortune laissée par l'un de leurs ancêtres huguenots. Tout pourrait être simple si la Compagnie de Jésus ne s'en mêlait pas. Gabriel de Rennepont est membre de cette communauté religieuse et il a décidé de lui léguer sa part d'héritage. Cependant, la cupidité de ses compagnons est sans limites et ils en arrivent à faire disparaître toute la famille -sauf le naïf Gabriel, qui ne se doute pas de ces crimes. La cassette où se trouve déposée la fortune est conservée par un juif, nommé Samuel, qui mène une lutte farouche contre les Jésuites. Heureusement, Gabriel prend connaissance des méfaits de ceux-ci et il brûle la cassette dès qu'elle entre en sa possession; la mort des principaux coupables donne à la fin du récit un agréable goût de justice rendue.


COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :

Cette œuvre d'Eugène Sue consiste en un foisonnement d'histoires parallèles qui se rencontrent chaque fois qu'elles ont une incidence directe sur la trame principale, c'est-à-dire celle du legs. Ainsi, le monde ouvrier, celui des Jésuites et les deux juifs errants, Samuel et sa femme, sont autant de parties secondaires du récit qui éclairent l'idéologie de l'auteur. En effet, derrière une apparence de roman-feuilleton divertissant, Le juif errant développe d'une façon précise les convictions religieuses et politiques d'Eugène Sue. Sa haine des Jésuites est grande; leur inhumanité s'affiche à travers chacun de leur acte. Les conceptions politiques sont plus difficiles à interpréter : en effet, malgré une sympathie évidente pour les ouvriers, il semble clair que l'auteur n'incite nullement à la révolte. On se rend compte qu'il croit fermement à une possibilité de réformes, en douceur, de la société. Pour l'auteur, il suffirait que les riches connaissent vraiment les conditions de vie du pauvre pour que ces réformes puissent donner à tous le bonheur.

 


LES MYSTERES DE PARIS
écrit par Eugène Sue et paru en 1842

PROLOGUE :

Le Journal des débats, qui publie, sous forme de feuilleton, Les Mystères de Paris, est une des organes du gouvernement conservateur. Cela justifie l'argument que tient l'auteur face à des lecteurs attirés par l'exotisme d'un milieu si proche et pourtant inconnu. L'auteur dit vouloir "entreprendre une excursion parmi les naturels de cette race infernale qui peuple les prisons, les bagnes, et dont le sang rougit les échafauds".

RÉSUMÉ DE L'OEUVRE :

Dans les bas-fonds de Paris, Rodolphe, grand duc allemand déguisé en ouvrier, s'évertue à rétablir la justice pour racheter une faute de jeunesse. Il rencontre une jeune prostituée au cœur pur, Fleur-de-Marie. Après que la Goualeuse - surnommée ainsi pour ses talents de chanteuse - lui eut raconté son enfance malheureuse, il décide de la sauver. C'est alors que de nombreux personnages qui peuplent un Paris misérable vont faire rebondir les situations et entraîner les deux héros dans des aventures périlleuses. Tantôt Fleur-de-Marie vivra heureuse et retirée à la campagne, tantôt elle retombera aux mains de ses persécuteurs, le couple cruel et grotesque que forment le maître d'école et la Chouette. Mais des indices vont dévoiler l'identité de Fleur-de-Marie, qui n'est autre que la fille de Rodolphe. La jeune fille renonce à l'amour et entre au couvent pour expier sa vie passée.

COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :

Eugène Sue, dandy parisien, veut plaider la cause des pauvres pour montrer que les coupables sont en fait des victimes. L'incroyable délire qui a accueilli cet ouvrage prouve que les descriptions du Paris des truands, certes parfois pittoresque, n'ont pas été tellement en deçà de la réalité. Ainsi l'immense courrier qu'a reçu l'auteur trahit par ses témoignages la proximité entre réalité et fiction. L'auteur façonne ses personnages en types et crée un univers cohérent, original et stylisé. L'histoire, simple dans son ensemble, mais compliquée, dans les détails, par de nombreux épisodes, comporte une foule de personnages colorés : le Chourineur, assassin repenti; Ferraud, bourgeois avare; Morel, ouvrier victime d'une société injuste; Pipelet, concierge trop curieux (devenu de nos jours un nom commun). C'est une œuvre à la fois conventionnelle par sa morale - la punition ou le rachat constituent les deux seules fins possibles - et à la fois très nouvelle par ses dénonciations sociales et l'usage de l'argot.

Publié dans litterature.rebelle

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