RESUME DES PRINCIPALES OEUVRES DU XVIIIème SIECLE - N°4

Publié le par Eric Balay

LETTRES PERSANES

écrit par Charles de Montesquieu en 1721


BIOGRAPHIE :


L'auteur, Charles de Secondât, baron de la Brède et de Montesquieu, (la Brède, près de Bordeaux 1689 – Paris 1755), mort à 66 ans, est né dans un milieu de magistrats bordelais, fait de bonnes études classiques chez les oratoriens de Juilly, près de Meaux, et les couronne par une formation juridique. En 1714, il est conseiller au parlement de Bordeaux et, en 1716, président à mortier et membre de l'académie locale, à laquelle il adresse plusieurs mémoires scientifiques. Il ne tarde pas à tourner sa curiosité vers les faits sociaux du passé et de son temps. Ce sont ces derniers qu'il présente en 1721 d'une façon humoristique dans les Lettres persanes, dont le succès facilite son introduction dans les salons parisiens. La surveillance du domaine familial et ses nouvelles obligations mondaines et littéraires étant incompatibles avec sa fonction de magistrat, il vend sa charge en 1726 et , peu après son élection à l'Académie française en 1727, entreprend un voyage à travers l'Autriche, l'Italie, l'Allemagne, et la Hollande. Il séjourne deux ans en Angleterre et revient chez lui en 1731. Il publie en 1734 « Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et leur décadence », mais accumule depuis longtemps les documents de son œuvre principale, « De l'esprit des Lois », dont les « Considérations » ne sont qu'une sorte de chapitre détaché. Après avoir encore travaillé quatorze ans, il se résout à la publier en 1748. Vingt-deux éditions se succèdent en deux ans, mais certains adversaires jansénistes et jésuites reprochent à l'auteur de présenter les faits sans les rattacher aux notions métaphysiques de Bien et du Mal. La Sorbonne condamne l'ouvrage, et Rome le censure en 1751. Une cécité presque totale attriste les dernières années de la vie de Montesquieu. Il ne collabore que de loin avec les encyclopédistes, mais rédige pour leur grand dictionnaire un article sur le goût. De son œuvre et de son journal, qu'il intitule « Mes pensées », se dégage l'image d'un moraliste, curieux de tout ce qui touche au bonheur et désireux d'enseigner la conquête à ses semblables. Il jeta les bases des sciences sociales et économiques, inspira les rédacteurs de la Constitution de 1791 et fut à l'origine des doctrines constitutionnelles libérales qui reposent sur la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.



RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :


Usbek est un Persan contraint momentanément de quitter sa patrie pour des motifs politiques. Accompagné de son ami Rica, il profite de son exil pour partir découvrir la lointaine Europe. Malgré le dépaysement occasionné par ce voyage exceptionnel, Usbek ne peut s'empêcher d'être rongé par l'inquiétude : ses femmes, qui représentent l'orgueil de sa vie, sont restées en Perse, enfermées au sérail, n'ayant pour seuls gardiens que des eunuques et leur propre vertu. Or, le voyage promet d'être très long, sans doute plusieurs années : comment être sûre du comportement des femmes ? Pour se tranquiliser, Usbek entretient avec la Perse une abondante correspondance, dans laquelle alternent récits du voyage et questions sur le sérail. De fait, en Europe, les deux voyageurs vont de surprise en surprise quant aux mœurs et aux coutumes des habitants : c'est l'occasion d'écrire des lettres très riches. Rica nous dresse de savoureux portraits, tandis qu'Usbek préfère méditer sur les faiblesses des régimes politiques européens. Mais voilà que les nouvelles du sérail deviennent alarmantes : les femmes perdent toute discipline, et même toute pudeur. Des hommes sont surpris à rôder dans le sérail. Usbek décide de rentrer au plus vite, mais il ne trouvera qu'un sérail ravagé par la haine et noyé dans le sang.



L'ESPRIT DES LOIS

écrit par Charles de Montesquieu en 1748



AVANT-PROPOS :


Montesquieu, président du parlement de Bordeaux, appartenait à la noblesse de robe qui souhaitait être associée plus largement dans les affaires de l'Etat. Cette appartenance explique le rôle important qu'il confie à la noblesse dans la monarchie modérée qu'il préconise.





RESUME DE L'ŒUVRE :


Cet ouvrage est divisé en 31 livres regroupés en six parties. Montesquieu explique d'abord ce que sont les lois en général. Il montre que toute loi a sa raison d'être. II étudie ensuite les différentes formes de gouvernement qui peuvent exister indépendamment du lieu et de l'époque et il les ramène à trois : le républicain, le monarchique, et le despotique. Puis Montesquieu introduit la notion de milieu et étudie l'influence des causes physiques, en particulier des climats, sur l'élaboration des lois. Il analyse ensuite les rapports qui existent entre l'esprit d'une nation (mœurs, religion, traditions) et ses lois. Dans le dernier livre» l'auteur montre à partir de quelques exemples (Rome, les Francs) l'évolution des lois dans le même pays.



COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :


Cette œuvre considérable, et dont l'influence fut immense, doit le plus clair de son succès au fait que, après avoir élaboré une théorie des trois grandes formes de gouvernement, Montesquieu définit la liberté politique. Selon l'auteur, elle ne peut se réaliser que par un certain équilibre entre les pouvoirs, qui doivent donc être séparés. L'Angleterre est la seule nation de l'époque à réaliser ce modèle. Montesquieu souhaiterait pour la France une monarchie modérée dans laquelle le roi détiendrait le pouvoir exécutif, mais dont le pouvoir serait contrebalancé par les "corps intermédiaires" noblesse et parlement. La vénalité des charges assurerait l'indépendance de la justice. Ces idées seront en partie reprises par les Constituants en 1789 quand ils rédigeront la Déclaration des droits de l'homme et par la Constitution de 1791, qui consacre la mise en place d'une monarchie constitutionnelle, avec trois pouvoirs séparés.







MANON LESCAUT

écrit par l'Abbé Antoine Fançois Prévost d'Exiles en 1731


BIOGRAPHIE :


L'auteur (Hesdin, Artois 1697 - Courteuil, près de Chantilly 1763 ), mort à 66 ans, fut novice chez les jésuites, il s'engagea dans l'armée en 1717, revint chez les jésuites, reprit du service et fit ensuite profession chez les bénédictins en 1721. Il publia en 1728 son premier roman, Mémoires et aventures d'un homme de qualité, après quoi il s'enfuit de son couvent et vécut en Angleterre et en Hollande. Il fit paraître Manon Lescaut en 1731, puis Cleveland entre 1732 et 1739. Revenu en France, il entra comme aumônier chez le prince de Conti en 1736, mais dut s'exiler de nouveau, de 1741 à 1742. Il publia les traductions de trois romans de Richardson.



AVANT-PROPOS :


L'abbé Prévost, ainsi nommé parce qu'il avait été bénédictin, bien qu'il ait abandonné le couvent lorsqu'il écrivit ce roman, a partiellement puisé dans sa vie tumultueuse la matière de son chef-d'œuvre. Cet ouvrage, à sa sortie, provoqua un scandale et fut d'abord saisi. Il a inspiré plusieurs opéras, dont celui de Massenet en 1884, et des films, comme celui d'Henri Georges-Clouzot en 1949.



RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :


Issu d'une grande famille, le chevalier des Grieux est en train d'achever ses études lorsqu'il rencontre une jeune inconnue dont il s'éprend passionnément, Manon Lescaut. Les deux amants vivent cachés à Paris ; mais, cédant à l'appât du luxe, Manon répond aux avances d'un puissant fermier général. Accablé par cette trahison, le jeune chevalier part pour le séminaire. Un an plus tard cependant, Manon le reconquiert. Les deux amants vivent d'expédients plus au moins honnêtes et manquent chroniquement d'argent. Manon entreprend de recourir à la générosité du fermier général, faisant passer le chevalier des Grieux pour son frère. Mais l'escroquerie est découverte et les deux amants sont jetés en prison.

A peine sortis de la prison dont ils se sont échappés, ils reprennent leurs escroqueries. De nouveau arrêtés, toujours par le fermier général, cette fois en connivence avec le père du chevalier, Manon et des Grieux se retrouvent en prison. Grâce à des manœuvres de son père, le chevalier est gracié, tandis que Manon doit être déportée en Louisiane avec les filles de mauvaise vie.


Toujours aussi épris, des Grieux accompagne Manon en Louisiane. Le répit sera bref, car bientôt un due! du chevalier avec un nouveau soupirant de Manon oblige les deux amants à fuir dans le désert où, épuisée, Manon meurt dans les bras de son amant.



COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :


D'abord chronique alerte des mésaventures d'un chevalier et de sa frivole maîtresse, dans un style très XVIII ème siècle, le récit prend un tour différent lorsque s'accumulent les malheurs sur tes amants maudits, et la fin pathétique qui voit mourir la jeune Manon transfigure le récit et lui donne la dimension d'un grand roman d'amour.


Publié dans litterature.rebelle

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