RESUME DES PRINCIPALES OEUVRES DU XVIIIème SIECLE - N°5

Publié le par Eric Balay

LES CONFESSIONS

écrit par Jean Jacques Rousseau


BIOGRAPHIE :


L'auteur (Genève 1712 – Ermenonville 1778) mort à 66 ans, est pratiquement livré à lui-même durant son enfance sans mère et finalement abandonné à dix ans par son père. Son éducation se poursuit au hasard des circonstances et des rencontres, et produit des résultats incohérents : conversion au catholicisme, fugues, changements de situation, errances à pied. Il va à Paris pour la première fois en 1731, mais revient en 1732 chez Mme de Warens, qui l'avait accueilli cinq ans auparavant. Il passe aux Charmettes, propriété de sa bienfaitrice, les années les plus calmes de sa vie entre 1732 et 1740. Il reste quelque temps à Lyon, chez M. de Mably, qui lui a confié l'instruction de ses enfants, et arrive à Paris en 1741 avec un système de notation musicale, qui ne fait pas sur les académiciens l'effet escompté par son inventeur. Il suit à Venise en 1743 M. de Montaigu, ambassadeur de France, se brouille avec lui, revient à Paris en 1744, fait applaudir chez le financier La Popelinière son opéra Les Muses galantes en 1745, commence à intéresser les salons. Diderot, devenu son ami, lui demande des articles de musique pour l'Encyclopédie. Il connait brusquement la gloire en 1750 lorsque l'académie de Dijon couronne son Discours sur les sciences et les arts . Ce contempleur du progrès décide de vivre en conformité avec ses principes. Il ne cache pas sa liaison avec une servante d'auberge, Thérèse Levasseur, et décide de se réconcilier avec sa patrie : il redevient citoyen de Genève et calviniste en 1754. Son Discours sur l'origine de l'inégalité en 1755 provoque un second remous d'opinion. Il ne s'en soucie guère et vit dans la nature à quelques lieues de Paris, à Montmorency, chez Mme d'Epinay. La belle-sœur de celle-ci, Mme d'Houdetot, lui inspire une passion qui ne tarde pas à rendre difficiles les relations avec son hôtesse, compliquées déjà par la présence de Thérèse Levasseur et de sa mère. C'est la brouille et la séparation en 1757. Rousseau est accueilli par le Maréchal de Luxembourg dans un pavillon que celui-ci possède à Montmorency, et c'est là, qu'il écrit la Lettre à d'Alembert sur les spectacles en 1758, Julie ou la nouvelle Héloïse en 1761, Du contrat social en 1762, l'Emile en 1762. Le parlement condamne au feu ce roman à cause de la profession religieuse du précepteur d'Emile. Rousseau se réfugie en Suisse de 1763 à 1765, puis à Strasbourg et en Angleterre en 1766. S'étant brouillé avec le philosophe Hume, il revient en France en 1767, et finalement à Paris en 1770. Il écrit alors, pour se justifier des accusations portées contre lui par les encyclopédistes, des œuvres qui ne paraîtront qu'après sa mort : les Confessions en 1782-1789, les Trois dialogues (Rousseau juge de Jean-Jacques) en 1782. Fatigué et malade, il accepte l'hospitalité que lui offre à Ermenonville le marquis de Girardin, mais meurt subitement peu de temps après son arrivée en 1788. Rousseau a renouvelé les idées en politique et en éducation, créé des thèmes en littérature, rouvre les sources du lyrisme, les grands changements politiques de la Révolution et l'avènement du romantisme.



RESUME DE L'ŒUVRE :


Jean-Jacques Rousseau a bouleversé tout ce qu'il a touché. Musicien, il invente un nouveau système de notation musicale ; pédagogue, il propose des méthodes d'éducation d'une hardiesse inconcevable; penseur, il définît la notion de "contrat social", qui jette les fondements de la démocratie moderne. Enfin, écrivain, il révolutionne la littérature en osant, par l'invention de l'autobiographie, braver de front les conventions de son époque. Un seul mot, en effet, peut résumer cette œuvre, qu'il achève en 1770 : "moi". C'est un affront au XVIIIème siècle rationaliste et extraverti, la négation, le reniement des valeurs de toute une société. Et en même temps, bien sûr, c'est le modèle, la bible dont s'inspirent au XIXème siècle tous les romantiques. Mais, négateur de son siècle et prophète d'un siècle encore inexistant, l'auteur n'appartient à aucun lieu, aucune époque; il est déchiré et profondément malheureux. Cet aspect humain n'est pas le moindre de la prodigieuse modernité de cet auteur.


Dans la première partie des Confessions, l'auteur décrit son enfance et sa jeunesse : périodes d'insouciance, de liberté, de grands voyages et d'espaces infinis. Genève, la Savoie, Turin, puis l'immense Paris apparaissent cependant comme un parcours régressif, qui entraîne le jeune homme de la pureté vers la corruption. La rencontre, la séparation avec Mme de Warens, qui restera femme de sa vie, rythment ce mouvement toujours. La seconde partie est nettement plus noire. Rousseau mène alors une vie retranchée, qui coincide paradoxalement avec célébrité et gloire ; celles-ci en effet ont achever de "souiller" Jean-Jacques, en l'éloignant de sa nature originelle. Aigri, Rousseau déforme les faits. Son récit sombre dans la paranoïa.






EMILE

écrit par Jean-Jacques Rousseau en 1762



AVANT-PROPOS ;

En 1762, Rousseau mène à bien son double projet d'édification, de son idéal politique et de ses conceptions de l'éducation. La même année, il publie en effet Le Contrat social et Emile. Celui-ci fit l'objet d'une condamnation pour ses idées

religieuses qu'il défend.


En 1745, Rousseau se lie avec sa lingère, Thérèse Levasseur, qu'il épousera bientôt et dont il aura plusieurs enfants II les déposera à l'Assistance Publique. Il s'en explique dans Les Confessions.





RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :


Pour développer son propos, Rousseau crée une utopie romanesque : "J'ai donc pris le parti de me donner un élève imaginaire, de me supposer l'âge, la santé, les connaissances et tous les talents convenables pour travailler à son éducation." L'éducation doit obéir à un programme graduel qui permettra à l'enfant de découvrir le monde naturel auquel il est, par définition, le plus adapté, puis d'affronter la culture et la société des hommes. Rousseau dresse un programme précis, par tranches d'âge. Ainsi, jusqu'à l'âge de cinq ans, Emile devra uniquement travailler à son épanouissement physique. Entre cinq et douze ans, tout en jouissant de son état d'enfant, il s'acheminera vers l'éveil de sa raison et de ses sens. A douze ans commencera l'éducation intellectuelle qui doit lui ouvrir les portes de la société. Emile pourra enfin rencontrer la femme de sa vie (Sophie), à laquelle l'auteur consacre le livre V. L'éducation de Sophie doit progressivement la conduire à assumer son rôle de mère en même temps qu'à se perfectionner dans les travaux de son sexe. Emile et Sophie seront ainsi à même de vivre en société, en respectant les notions de justice et d'égalité.



LA NOUVELLE JUSTINE OU LES MALHEURS

DE LA VERTU

écrit par le Marquis de Sade (1740 – 1814) mort à 74 ans.




AVANT-PROPOS :

Pour aboutir à cette œuvre écrasante qui, avec sa suite, Histoire de Juliette ou les prospérités du vice, atteint 4 000, pages. L'auteur travailla plus de 10 ans. Il ne faut pas confondre cette Juliette magistrale de 1797 avec le conte philosophique Les infortunes de la vertu de 1787, ni avec le roman Justine ou les malheurs de la vertu de 1791. Là, avec un autre roman, Les cent-vingt journées de Sodome, l'auteur est allé résolument plus loin que n'importe quel auteur dans l'horreur du mal.



RÉSUMÉ DE L'ŒUVRE :


Justine et sa sœur ainée, devenues orphelines, doivent survivre dans Paris. Elles se séparent; Juliette, plus expérimentée, fait confiance à ses charmes; Justine, elle, s'adresse aux sentiments vertueux de ceux qu'elle sollicite. Mais elle ne rencontre que des libertins qui tentent de la persuader que sa seule richesse est son propre "putanisme". Ceux qui l'écoutent d'une oreille apparemment charitable n'ont de cesse que de la posséder. Ceux qu'elle surprend en train d'accomplir leurs méfaits s'emparent d'elle et en font soit un objet de leur lubricité, soit la complice involontaire des pires actions. Marquée au fer rouge du signe des voleurs, Justine parvient à s'échapper de diverses mortelles prisons. Elle rencontre une jeune femme qui écoute son histoire, avec compassion - c'est en fait sa sœur Juliette - et qui la recueille. Mais Justine, au cours d'un orage, meurt foudroyée.




COMMENTAIRE DE L'ŒUVRE :

Ainsi renvoyée d'un scélérat à l'autre, Justine atteint une connaissance inédite de la fausseté et de la méchanceté des hommes. Le caractère répétitif et inévitable de son malheur repousse de plus en plus loin en son entendement les limites de l'infamie. Obstinée dans la vertu, qui fait son malheur, Justine est un être qui est réjouissant pour les libertins, de soumettre à leurs caprices. Sade établit littérairement par l'accumulation de tous ces méfaits, cherchant à se justifier "philosophiquement", le plus noir portrait de la société des hommes.



Publié dans litterature.rebelle

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