Civilisation latine

Publié le par Eric Balay

L'ANTIQUITE ROMAINE

écrit par Catherine Salles (Ed. Larousse)



PROLOGUE


Rome est une source majeure de la civilisation occidentale : les mythes, l'art, l'architecture, l'éloquence, la politique, le droit, la langue même, dont sont issues celles de plusieurs pays européens, demeurent dans nos mémoires. Des origines de la Cité à la chute de l'Empire, de Romulus et Rémus à saint Augustin, cet ouvrage fait découvrir l'histoire politique et militaire, mais aussi l'organisation économique et sociale, la vie quotidienne, les mœurs et la culture des Romains.



CHAPITRE PREMIER : DE LA CABANE DE ROMULUS À LA DOMINATION DU MONDE (p. 31 - p. 69)


C'est à la fin de cette période archaïque que les traditions grecque et latine se rejoignent. Au VIIIème siècle av. J.C., deux frères ennemis, Numitor et Amilius, se disputent le trône. Amilius chasse Numitor, s'empare du pouvoir et lorsque sa nièce Rhéa Silvia, enceinte des œuvres du dieu Mars, met au monde des jumeaux, il ordonne que les nourrissons Romulus et Rémus soient abandonnés dans le lit du fleubve Tibre. La future Rome a trouvé son emblème, puisqu'une louve, attirée par les vagissements des bébés, les recueille et les nourrit dans la grotte du Lupercal, au pied du Palatin. Parvenus à l'âge adulte, Romulus et Rémus reviennent à Albe, rétablissent sur son trône leur grand-père Numitor et décident d'aller fonder une ville, en 753 av. J.C. (...) Mais Rémus, furieux de l'initiiative de Romulus, saute par-dessus le fossé du pomœrium, et, pour punition de cette provocation sacrilège, est tué par son frère. Seul maître du site de Rome, Romulus décide que la nouvelle ville sera un "asyle", c'est-à-dire un refuge pour tous les exilés ou les malfaiteurs chassés de leur patrie.

La royauté latino-sabine s'achève à la fin du VlIIème siècle, pour laisser place à la monarchie étrusque. Les Romains racontent qu'un émigré appelé Lucumon, originaire de la ville étrusque de Tarquinia, s'installe à Rome et est élu sous le nom de Tarquin l'Ancien. Il entreprend de grands travaux de construction et on lui attribue en particulier l'édification des murs d'enceinte et la création de la Cloaca Maxima , grand égout collecteur de la ville. Son successeur, Servius Tullius, est considéré comme le fondateur du système social romain, puisque la "constitution servienne" répartissant les citoyens en cinq classes selon leur fortune, est la base de l'organisation militaire et politique des siècles suivants. La royauté étrusque se termine tragiquement, avec le tyran odieux Tarquin le Superbe. Un de ses neveux, en violant Lucrèce, épouse irréprochable du noble Collatinus, provoque la révolte des Romains : dirigés par Brutus, en 510, ils renversent la monarchie et installent une nouvelle forme de gouvernement, la République.


Les Romains font de l'année 509 av. J.C. le point de départ de la liberté démocratique, puisque, en destituant le roi Tarquin le Superbe et en abolissant la royauté, Brutus est resté le symbole du libérateur de leur cité.



En fait la tradition historique romaine a très probablement anticipé la date du renversement de la monarchie. Les travaux de Raymond Bloch arrive à cette conclusion en s'appuyant en particulier sur la date de la dédicace du temple du Capitale, fixée au 13 septembre 509.




La difficile victoire de la démocratie (Vème - IIIème siècle) :


Le premier siècle de la République romaine ( Vème s. avant J.C.) est marqué par l'affrontement des deux groupes des habitants de Rome: les patriciens et les plébéiens (...)

Cette période se caractérise par une agitation extrême qui dure jusqu'aux première décennies du IVème s. Rome est déchirée par des conflits politiques, militaires et économiques , provoqués en particulier par la question des dettes qui obèrent lourdement la plèbe . En 390, Rome est envahie et détruite par les Gaulois. Le vainqueur de ces derniers, Martius Capitolunius, se pose en défenseur des plébéiens endettés menacés d'esclavage, mais son intervention lui vaut d'être accusé par le sénat et d'être exécuté. Cette phase d'anarchie reste très confuse dans les sources historiques, mais cette violente crise est apparemment dénouée en 367 par le vote des "lois liciniennes", présentées par deux tribuns de la plèbe, Licinius Stolo et Sextius Lateranus. Interprétées anachroniquement par les historiens ultérieurs, les trois lois liciniennes concernent probablement le règlement du problème des dettes, la mise en place d'un programme agraire, et surtout rétablissent le consulat qui devient désormais ouvert aux plébéiens.


Le personnage le plus marquant de la fin de ces siècles déterminants de l'histoire de Rome est l'ambigu Appius Claudius, censeur de 312 à 308, grand réformateur pour les uns, habile démagogue pour les autres. Menant une politique de grands travaux (construction du premier aqueduc de Rome et de la Via Appia reliant la cité au sud de l'Italie) destinée à repondre aux besoins d'une population toujours plus nombreuse, etc. Qu'il soit encensé ou vilipendé, Appius Claudius reste représentatif des progrès de la démocratie, point d'aboutissement de longues luttes. Ces acquis de la plèbe sont confirmés en 287 par le vote des lois hortensiennes donnant aux plébiscites valeur de lois pour l'ensemble de la population.




Rome à la conquête du monde :


(...) Le conflit reprend lorsque les Romains veulent repousser les Samnites de l'Apulie, de la Lucanie et de la Campanile du Sud, ce qui entraine la deuxième guerre samnîte (327 - 304). En 321, les Romains subissent la défaite mortifiante des Fourches Caudines, à l'issue de laquelle les Samnites font passer toute l'armée, consuls en tête, sous un joug. La guerre est interrompue pendant cinq ans. Lorsqu'en 314 les combats reprennent, Rome doit faire face à une coalition italienne, regroupant Samnites, Étrusques, Ombriens et Marses. Mais les Romains parviennent à être victorieux sur les différents fronts, et le conflit prend fin en 304.

Ces deux siècles de guerres dans le centre de la péninsule italienne se traduisent par l'expansion territoriale, économique et démographique de Rome. Le territoire public de la cité, l'Ager Publiais, quadruple en moins d'un siècle, passant de 6 400 km.2 en 330 à
27 000 km.2 en 264.


Les victoires sur les Samnites ouvrent la voie vers le sud de l'Italie, la Grande Grèce : Pyrrhus décide de regagner l'Épire et, privée de son appui, Tarente est prise en 272 par le général Papirius Cursor. La Grande Grèce est alors absorbée dans les possessions romaines et, après la prise en 264 de la dernière ville étrusque encore libre, Voisinies, Rome est maîtresse de la péninsule, de l'Arno au nord du détroit de Messine du sud.



Rome, puissance impérialiste : les guerres puniques :


Carthage, après un siège atroce, est prise en 146, incendiée, rasée; son sol est déclaré maudit. Carthage devient province romaine.




Vers la guerre civile et l'anarchie :



En 133, Tiberius, tribun de la plèbe, présente une loi agraire limitant la possession des terres de l'Ager Publiais à 500 jugères (soit 125 hectares) par citoyen et prévoyant la création d'un triumvirat agraire chargé d'assigner les lois.

Provisoirement alliés, les triumvirs s'en prennent aux armées des républicains qui, sous la direction des deux assassins de César, Brutus et Cassius, se sont regroupés en Macédoine. Les deux batailles de Philippe à l'automne 42 les mettent hors de combat. Cependant l'entente est précaire entre les triumvirs, et la façon dont Octave procède à l'assignation de terres déclenche la "guerre de Pérouse" entre lui et le frère d'Antoine.

Par l'entente de Mécène, ami d'Octave, les trois hommes se retrouvent en octobre 40 pour signer la paix de Brindes, qui fixe les zones d'influence de chacun : l'Occident revient à Octave, l'Orient à Antoine et l'Afrique à Lépide. Le mariage d'Antoine avec Octavie, sœur d'Octave, scelle l'accord.





Des Julio-Claudiens aux Sévères (I er et II ème s. ) :


Lorsque Auguste meurt en août 14 , l'ambiguïté de ses intentions fait osciller l'avenir du monde romain . Il faut un mois pour régler le problème :Tibère , le successeur qu'Auguste s'est choisis , veut recevoir ses pouvoirs du Sénat sans paraître les demander. Le Sénat pour sa part hésite entre reconnaître la volonté d'Auguste ou reprendre ses privilèges de l'époque républicaine. Il accepte finalement que Tibère soit reconnue Prince, mais des deux côtés subsistent un mécontentement profond. Tibère arrive au pouvoir à 56 ans, ce qui implique qu(il a été nourrie dans son enfance de principes républicain et qu'il se sent mal à l'aise dans le rôle de Prince (à la différence de ces successeurs qui, beaucoup plus jeunes , ont été élevés à la cour impériale). Tibère mène une politique conservatrice en accroissant les pouvoirs du sénat et, en accord avec les desseins d'Auguste, préserve la Fax Romana en refusant d'entreprendre des expéditions militaires offensives.


Après ce siècle de mise en place du principat, avec ses hésitations, ses phases tragiques et son processus inéluctable vers l'instauration d'un système autocratique, la dynastie des Antonins, d'origine espagnole ou gauloise, qui règne au Ilème siècle, ouvre une période de tranquilité et de prospérité économique pour tout le monde romain. Nerva (96 - 98), Trajan (98 - 117), Hadrien (117 - 138), Antonin le Pieux (138 - 161), Marc-Aurèle (161 - 180) et Commode (180 - 192) se transmettent le pouvoir par adoption, persuadés que, grâce à ce système, chaque empereur saura choisir pour lui succéder "le plus digne". A l'exception du dernier de la dynastie, le dégénéré et sanguinaire Commode, les Antonins gouvernent avec modération, et leurs contemporains estiment que la "liberté", au sens augustéen du terme, a été remise à l'honneur.


Lorsque Commode est assassiné en 192, il faut près de quatre ans pour qu'arrivé à la tête de l'Empire un des nombreux prétendants, Septime Sévère. La famille des Sévère règne une quarantaine d'années sur Rome, mais, avec elle, c'est une véritable rupture qui s'instaure entre le principat des deux premiers siècles et celui des siècles suivants.

En 213, Caracalla promulgue la constitution antoninienne qui donne la citoyenneté romaine à tous les habitants de l'Empire.



De la tétrarchie à la chute de l'Empire romain :


Après avoir éliminé ses autres adversaires, Constantin est en 324 l'empereur unique de tout le monde romain. Sans qu'il soit possible de déterminer avec certitude s'il est converti au christianisme lors de sa victoire de Pont Milvius comme le veut la légende, il donne la liberté religieuse à ses sujets par l'édit de Milan signé en 313.








CHAPITRE DEUXIÈME : LA VIE PUBLIQUE (p. 101 - p. 124) ::



D'après la tradition des historiographes anciens, Rome, en 561 av. J.C., devient une Res Publica, c'est-à-dire une "chose commune au peuple" et, dans sa "République". Cicéron définit cette Res populi comme une "société formée sous la garantie du droit et dans un dessein d'utilité publique".



La vie politique :


Les élections ou le vote de lois sont précédés d'une période de campagne électorale ou d'explication du projet législatif. H est prévu qu'il doit y avoir trois nundinae entre la convocation et le vote, les nundinae désignant le marché qui a lieu tous les neufs jours à Rome.


-Celui qui brigue une magistrature doit beaucoup se montrer, en se promenant dans les lieux publics revêtu de la toge "candide", ou toge blanchie pour la rendre plus visible dans la foule ( d'où son nom de "candidat").



Les partis et les programmes politiques :


A la fin de la République, la vie politique à Rome se définit par le décalage de plus en plus accentué entre le conservatisme officiel rigoureux et la réalité prenant en ligne de compte les influences extérieures et l'extension de la puissance romaine.

Bien qu'il n'existe pas à proprement parler de parti politique à Rome, deux tendances idéologique se dégage après les tribunats des Gracques, les Optimates et les populares .Les premiers correspondent au groupes des sénateurs conservateurs qui ne veulent pas perdrent leurs privilèges et se présentent comme les défenseurs de la "coutumes des ancêtres (mos maiorum). Les plus éxtémistes refusent toutes concession et campent sur des positions acquises. C'est ainsi que Caton le jeune ( ou d'Utique) fait échouer toute tentative de conciliation entre les partis opposés .Des Optimat es plus modérés, comme Cicéron, sont prêt à trouver des solutions de compromis , à condition d'écarter les législations trop révolutionnaire comme les lois agraires.


Les deux partis ont chacun leurs moyens de lutte. Il s'agit généralement de procédures illégales qui permettent de passer au-dessus des obligations institutionnelles. Les Optimales, en cas d'urgence, ont recours au "sénatus-consulte ultimatum" qui donne les pleins pouvoirs à un magistrat pour rétablir l'ordre. Cette procédure est utilisée en 121 contre Caius Gracchus, en 100 contre les Populaires Saturninus et Glaucia en 63 contre Catalina.


La violence est bien entendu pratiquée par les deux partis. Les manœuvres d"intimidation constituent une arme commode. Les leaders politiques ont dans leur entourage des troupes d'hommes de main (souvent des gladiateurs) qui déclenchent des bagarres sanglantes lors des réunions politiques. Bien entendu, l'assassinat politique reste T'ultime recours et, parmi les victimes les plus célèbres, on dénombre les deux Gracques en 133 et 121 , le tribun Drusus poignardé en plein Forum en 91 et l'agitateur Clodius tué en 52 lors d'un échaffouré avec son adversaire Milon.


A partir de l'avènement de Carus en 282 , les souverains tiennent leur pouvoir de l'acclamation de leurs soldats . Ils se contentent ensuite d'en informer le sénat qui devient ensuite une simple chambre d'enregistrement.



La distribution des fonctions dans l'Empire :


Ce sont d'autres organes, crées par les empereurs, qui récupèrent en fait les fonctions gouvernementales exercés autrefois par les magistrats et le sénat .IL y a tout d'abord le "Conseil du Prince". Pendant le premer siècle, il s'agit d'un groupe informel regroupant des amis et des sénateurs conseillés, d'une façon assez comparable à la "cohorte" privée qui accompagnait un magistrat en fonction pendant la République. Quand à la haute Administration centrale, elle est exercée par les préfecture, les curatèles et les procuratèles .



Le droit et la justice


Les sources du droit :


Dans l'organisation juridique de chaque dan , la patria potestas ou " pouvoir du père de famille" et toute puissante pour régler tout ce qui a attrait au droit de possession , au mariage, à la reconnaissance des enfants ou à l'émancipation des esclaves et des mineurs .

A partir du III ème s. av. J.C., la juridiction romaine s'élargit pour répondre aux besoins crées par la croissance de son empire. A côté de son Jus Quirituim, commence à s'élaborer un Jus Gentium ou "droit des peuples". C'est aussi à cette époque que l'on crée un préteur pérégrin et le tribunal des Récuparatores spécialement chargé des non-citoyens.


Nous avons évoqué plus haut les pouvoirs législatifs des comices et du sénat (sénatus-consultes). Cependant ces législations concernent surtout les questions relatives à l'état et ne joue qu'un rôle mineur dans le droit privé.


L'Edictum des prêteurs a donc un rôle important pour faire évoluer le droit et en même temps pour le fixer. Ce sont généralement des jurisconsultes consultants juridiques des prêteurs, qui rédigent les textes de lois. Le plus célèbre jurisconsulte de l'époque républicaine est Quintus Martius Scaevola (consul en 95 av. J.C.) qui a composé le premier traité systématique de législation civile. Il a compté Cicéron parmi ses élèves brillants.



La justice civile et criminelle :



Le droit romain distingue deux catégories de "crime" : ceux de droit commun (homicide, violence, adultère, etc.) et ceux contre l'Etat : la corruption électorale (crimen ambitus ), la trahison à l'égard de la patrie ( crimen perduellionis ), l'atteinte à la majesté du peuple romain (crimen majestatis ), les concussions des gouverneurs de provinces (crimen repetundae ).


A l'origine, les comices ou le sénat, selon les cas, suffisent largement pour traiter des affaires criminelles. Mais, en 149 av. J.C., le tribun de la plèbe Lucius Calpurnius Pison fait voter la création de tribunaux permanents (Questiones perpetus ) réservés au jugement des exactions commises par les gouverneurs de province.



Le procès :


Si le condamné n'accepte pas la peine qui lui a été infligée par le jury, il peut faire appel devant les comices, mais ce droit d'appel ou provocatio est en fait d'un usage très limité.




CHAPITRE TROISIÈME : LA SOCIÉTÉ ROMAINE (p. 145 - p. 218)


Le citoyen romain :


On peut être citoyen romain par naissance et c'est à peu près le seul cas possible pendant les premiers siècles de la République : un enfant, né d'un père citoyen et d'une mère fille de citoyen, est automatiquement dois Roman

Publié dans litterature.rebelle

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